Marius
2. 11 voulut d'abord achever le camp, dit Plutarque {M., 18 et 19), mais les valets d'armée provoquèrent l'ennemi en allant chercher de l'eau dans l'Arc, et Marius consentit à ce que l'armée soutînt le combat (M., 20) : mais il est bien probable qu'il voulait le combat aussitôt, Plutarque le dit lui-même (19), et, semble-t-il, Orose (V, 16, 10). — On reprocha aux metatores de Marius d'avoir choisi pour place du camp une colline sans eau (Frontin, II, 7, 12; cf. Orose, V, 16, 10). Plutarque dit qu'il l'avait voulu, pour obliger les soldats à se battre {M., 18); Florus ne sait que pens'er à ce sujet : Consullone id egerit imperator, an errorem in consilium verterit, dubiuni (I, 38, 8). 11 est possible que le choix du camp ait été précipité, vu le voisinage ou l'arrivée immédiate des Barbares; mais la position du Montaiguet me parait s'être imposée (p. 82, n. 1).
camp romain, leurs rangs se disloquèrent, et alors Marins lança sur eux, dévalant de la hauteur au pas de course, les Ligures d'abord' et les légionnaires ensuite. Surpris par la charge, les Barbares reculèrent en désordre : le massacre en commença dans les eaux de l'Arc, il se continua sur la plaine, et ne finit qu'autour des chariots du campement. Là, les femmes se mêlèrent au combat, armées d'épées et de haches; et, devant cette résistance sauvage, les Romains s'arrêtèrent et regagnèrent leur camp à la fm du jour^
C'était la première victoire remportée sur les Germains : mais il restait à combattre le gros de l'armée, la foule des Teutons qui arrivaient sur le champ de bataille ^ Les Romains veillèrent toute la nuit, dans la crainte d'une attaque \ Des bruits effroyables remplissaient la plaine; des hurlements de colère, des lamentations pareilles à des cris de bêtes, montaient jusqu'au camp, et les légionnaires demeuraient aussi troublés qu'après une défaite ^
Le jour se leva, les Barbares n'attaquèrent point : l'armée romaine put se reposer; Marins voulut qu'elle mangeât et s'endormît de bonne heure. Il avait fixé au lendemain l'action décisive®.
Ce soir-là, il fit sortir du camp Claudius Marcellus avec trois mille hommes. L'officier devait, à la faveur de la nuit, faire par les collines le tour de la plaine où campait l'ennemi, et se .poster derrière lui, sur les hauteurs et dans les vallons boisés
1. C'fsl alors que Plutnrque {M., 19) remarque que Ligures et Ambrons avaient le m("'me cri de guerre, "A|j.Spwve(;, cf. t. 1. p. 111.
2. IMutarque, M., 19; Orose, V, 10, 10. Le combat commoiicn, je crois, après midi et finit à la nuit (PL, M., 19-20). 11 semble qu'ils aient francbi PArc sans utiliser de pont, à l'est sans doute du poni actuel (p. 82, n. 1, p. 83, n. i).