LA BATAILLE DE VEHCEIL
do los suivre, sans trop réfléchir, et tandis que l'une des ailes, dirigée par iMarius, se perdait dans la plaine à la recherche de l'ennemi, le centre, commandé par Catulus, vint à ['improviste se heurter à l'infanterie des Germains, « qui se mettait en mouvement comme les flots d'une mer immense»; et cette partie de l'armée romaine soudrit d'abord beaucoup. Enfin, Mari us rejoignit l'adversaire, et la mêlée générale s'engagea, presque à tâtons, au milieu d'une poussière aveuglante.
La chaleur du Midi eut raison des Cimbres autant que l'épée des légionnaires. Ils se battirent' en désespérés : pour résister à la tentation de fuir et pour mourir ensemble, les premiers rangs s'étaient liés par des chaînes attachées aux baudriers, et ils périrent tous, à la place où ils avaient combattu. Les autres s'enfuirent jusqu'aux chariots du campement. Là, les femmes, vêtues de noir, leur donnèrent à comprendre qu'ils n'avaient plus qu'à mourir. Et le suicide des vaincus commença : les uns se firent écraser par les bêtes des attelages ; les autres se laissèrent égorger par les femmes elles-mêmes, sœurs, épouses ou filles; et celles-ci, ensuite, étranglèrent les enfants, et se pendirent. Deux rois s'élancèrent l'un contre l'autre, l'épée en avant, et expirèrent du même choc. Tout valait mieux que l'esclavage à Rome '. Les Romains purent cependant sauver soixante mille prisonniers. On évalua au double le nombre des morts ^
Vers la même époque, une campagne de Sylla délivra des Helvètes les Alpes du Norique". Beaucoup parvinrent du reste à s'échapper et, leur chef Divico en tête, à rejoindre leurs frères de Gaule*.
1. Plut., M., 27; Orose, V. 16, 16-21 : Tite-Live, Ep., 68; Florus, I, 38, 14-18 (qui place ici l'épisode des prêtresses, p. 80); Eulrope, V, 2; etc.
2. Je donne les chiffres de Plut., M., 27; 140 000 morts et 60 000 pris, Orose, V, 16, 16; id., Tite-Live, Ep., 68; id., Eutrope, V, 2; plus de 100 000 pris ou tués, Velléius, II, 12, 5; 63 000 morts, Florus, I, 38, 14.
3. Si l'on rapporte aux Helvètes le mot de Plut., Sylla, 4 : Tcôv èv Taîç "A/Tisac papSâpwv.