V. — LE GOUVERNEMENT DE FONTÉIUS EN GAULEs
Le nouveau gouverneur de la Gaule, Manius Fontéius ^ était un préteur à l'ancienne manière sénatoriale, violent et cupide,
2. Les Anciens ont toujours attaché une grande importance à la campagne de Pompée en Gaule : Cic, l'ro Icge Manilia, 11, 30 : GaUia, per quam legionibus noi- Iris in Hispaniam iter' Gallorum internccione patefaclum est; Lucain, VIU, 808 : Alpiwi bella\ Sali., Ep. Poinpei, 5 : Recepi Galliam; Cic, ib., 10, 28 : Transalpinum bcllam; Pline, III, 18 : DCCCLXVI oppida ab Alpibus ad fines Hispanix ulterioris in dicionen: ab se redacla, portait le trophée des Pyrénées (p. 116, n. 1).
3. Note 2. — Il y a dans les fragments de Salluste (II, 22, Maurenbrecher) un texte énigrnalique : Narbone per conciliuni Gallorum, d où on a conclu (Maurenbrecher) que Pompée a hiverné à Narhonne en 77-6 et y a convoqué l'assemblée des chefs gaulois (peut-être en 74-3, p. 112, n. 5). Il est possible qu'il s'agisse de Fontéius ou do toute autre chose.
4. 11 y eut, semble-t-il, des combats dans la région du Pertus; Sali., Ep. P., 5 : liccepi... l'yrrnieum, LaccUiniam, Indigetes (sur ces peuples, cf. t. 1, p. 280, n. 2, p. 25{)i.
5. Ce qui suit, iiriiquemciil d'après le plaidoyer de Cicéron, Pro Fonleio (p. I19-120i. Voyez, en dernier lieu, l'édition de C. F. W. Muller, Leipzig, 1S85 (cf. adnot.. p. v-ix), hîs fragments piihliés,-avec commentaire, par Niebuhr, 1820, et Schiioidor. Qunestùjniiin m Cicerunispru M. Fonleio orutioncm capilu qtiattuor, 1876 (thèse de Lci|)zigi.
6. Les manuscrits de Cicéron donnent M.; Willems {Le Sénat, I, p. 452), après bien d'autres, corrige en M' iMnnius) et croit qu'il s'agit d'un Fonleius Capito ei du M' Funtciiis C. f., ([uesteur moiiclaire en 83.
LE GOL'VKIINEMENT DE FOiNTÉlUS EN GALLE. IH
piriii de mépris pour le Barbare, décidé à faire craindre le n^ni de Home par tous les moyens et à réaliser une sérieuse fortune le plus vite possible : pendant les trois années de son règns (76-74?) *, la Province fut livrée à une sorte de pillage légal.
iMais il faut dire, à sa décharge, que le temps n'était pas à la modération. Sans la peur d'un maître impitoyable, la Gaule pouvait échapper à Home, et de son obéissance dépendait le sort des armées d'Espagne"'. D'ailleurs, elle venait par sa révolte de fournir au vainqueur le prétexte d'user de tous ses droits. Fantéius, pour se justifier de ses violences, n'avait qu'à invoquer les circonstances ^
Il eut d'abord à faire campagne contre les Voconces ^ et contre les Volques, auxquels il imposa le respect de Narbonne^ — Après la défaite, le châtiment. Pompée avait, ce semble, décrété lui-même les peines publiques qui seraient infligées aux cités coupables^, le sénat les sanctionna ou en ajouta d'autres ^ et Fontéius les appliqua avec la dernière rigueur*. Les Volques perdirent une partie de leur territoire ^ ; d'autres se virent
1 Fontéius gouverna la Gaule pendant trois ans (10, 22); l'une de ces années, Pompée y hiverna (3, 6), et l'on sait par Tile-Live que ce fut en 74-73 {Ep., 93). En quelle année se passe le reste du gouvernement de Fontéius? Je crois qu'il suit de très peu le passage de Pompée (77-7G), vu que Fontéius eut encore de nombreuses guerres à soutenir (2, 2 et 3), et qu'il dut procéder ex decreto Poinpei (2, 4), c'est-à-dire exécuter des mesures édictées par Pompée lors de son passage; et il est également probable que les envois de Mé à l'armée d'Espagne {Pro F., 2, 3) sont ceu.K que Métellus regut de Gaule en 76-5 (Sali., Ep. P., 9). Dans le même sens, Herzog, p. 66, Stahl, p. 61-3. — Contra : Niebuhr, p. 43-5 (en 75-73), Willems (I, p. 452), Zumpt, p. 6 (en 73-71), Schneider (p. 18 et suiv.), celui-ci appuyant sur le fait que Cicéron ne parle pas de l'hivernage en Gaule de Métellus en 75-74 (cf. p. 112, n. 5).