‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 16 sur 776 · LA GRANDE GUERRE CONTRE ALLOBROGES ET ARVERNES · texte numérisé non relu

LA GRANDE GUERRE CONTRE ALLOBROGES ET ARVERNES

scrupule', Gnéius Domitius Ahénobarbus (122). On lui donna une bonne armée et, pour effrayer les Gaulois, quelques éléphants-. En réserve, une nouvelle armée fut préparée pour lo consul de l'année suivante, Quintus Fabius Maximus, le petitlils de Paul-Emile \

Les deux chefs pourtant, Domitius et Bituit, hésitèrent encore avant d'engager la lutte. Le consul députa aux Allobroges pour leur réclamer les Salyens fugitifs, et le roi des Arvernes envoya une ambassade pour négocier avec le Romain^.

Les Allobroges, décidés à se battre, refusèrent de livrer leurs hôtes ^ Alors, Domitius mit son armée en marche vers les bords du Rhône. Il fallait prévenir l'arrivée des Arvernes. De leur côté, les Allobroges n'attendirent pas leurs alliés, et descendirent le long du fleuve ^

Ce fut en route que Domitius rencontra l'ambassade de Bituit \ Et cette entrevue montra bien le contraste qui séparait les deux chefs et les deux peuples qui allaient se disputer un empire. L'ambassadeur était accompagné de ses gardes, de son poète et de ses chiens ; Je cortège resplendissait d'or et de pourpre. Arrivé devant le Romain, le barde entonna un chant en l'honneur de Bituit et de son envoyé. Puis, les pourparlers commencèrent, et le chef gaulois implora le pardon des Salyens,

1. Valère-Maxime, IX, 6, 3; Suétone, Néron, 2; on disait de son fils (ou de lui), os ferreum, cor plumbeum.

2. Orose, V, 13, 2; Florus, I, 37 [III, 2], 4; Suét., Néron, 2.

3. Les deux campagnes se suivent de si près, que le départ de Fabius parait avoir été décidé de très bonne heure; et je doute qu'il n'ait pas amené une armée distincte. Songeons qu'il s'agissait de combattre toute la Gaule, gravissinio bello (Orose, V, 13, 2). Les 30 000 hommes qui se battirent contre Bituit (Strabon, IV, 1,11) semblent correspondre à quatre légions et leurs auxiliaires, deux armées consulaires (Polybe, I, 16, 2; cf. Marquardt, Staatsverwaltung, II, p. 403).

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