T. I. p. 296 et suiv
2. Cf. t. II, p. 520-1, et ici, p. 160. Cette expulsion des Helvètes et leur migration en Suisse, l'établissement des Suèves dans les vallées du Mein et du Necltar, résultent des faits suivants : 1° Tacite, Germ., 28 : Inter Hercyniam silvam Rhenwnque et Mœnum amnes Helvetii ... tenuere; 2" il est visible, par César, que toute la rive droite du Rhin, depuis le lac de Constance jusqu'à Mayence, dépend des Suèves et d'Arioviste (I, 40, 7; I, 37, 3; IV, 19; VI, 9, 8); 3° la résidence principale d'Arioviste (cf. I, 38, 1) paraît avoir été près de Mannheim (cf. p. 61, n. 1), à Lopodurnim, Ladenburg, civilas Sueborum (cf. C. I. L., XIII, II, p. 230-231, et, en dernier lieu, Schumacher, Bericht ûber deii achten Verbandstag der west- uiid siiddeutschen Vereine, etc., Berlin, 1908, p. 51-2).
3. L'établissement des Suèves en Bavière résulte, d'abord de la disparition complète du nom des Volques Tectosages, fait que César semble faire contemporain {ad hoc teinpus) des victoires d'Arioviste (VI, 24, 3), et, ensuite, de leur contact avec les Daces, qui ont vaincu les Boïens sur le Danube (p. 154). — Il me semble cependant difficile que le fameux désert dont parle César (ici, p. 146) soit à chercher dans la Bavière et se continue, au delà de l'Inn, avec « les déserts des Boïens • (Str., VII, 1, 5; 5, 2; Pline, III, 146; Dimensuralio, 18, p. 12, Riese), qu'on place d'ordinaire autour du lac Balaton. — • Il est du reste probable que la domination suève a été moins forte en Bavière qu'en Souabe et Franconie, et que les Vindéliques et les Rètes des montagnes ont évincé peu à peu les Germains (cf. Str., VII, 1,5; IV, 6, 8).
148 CELTILL L'ARVEUNE.
du haut Danube, et les acquirent pour longtemps aux induences germaniques'. Maintenant, les Suèves occupaient les pays de Mannheim, de Francfort et de Ma3^ence, d'où partaient toutes les routes de l'Ouest'; ils touchaient au Rhin depuis le coude de Bâle jusqu'aux pentes du Taunus. De nouvelles terres, plus riches encore, s'ouvraient à leurs ambitions. Ils avaient le choix entre deux chemins : passer le fleuve, et se déverser en Alsace et en Gaule; ou le descendre, et, au delà du Taunus, enlever la rive droite aux Germains du couchant. Ils étaient assez nombreux pour oser l'un et l'autre.
Ainsi, tandis qu'autour de la Méditerranée, sous la direction intelligente de Pompée, l'empire du sénat romain arrivait à son plus haut degré de force, deux autres empires se préparaient rà ses frontières, comme pour essayer l'unité de l'Europe barbare. C'était le temps où l'Arverne Celtill disparaissait, et où Celtes et Belges se déchiraient en ligues rivales. Entre ces trois puissances formidables qui le bloquent de toutes parts, le monde celtique ne présente plus que des épaves prêtes à sombrer. Il faudrait, pour les sauver, des hasards inespérés et des précautions infinies.
1. Ce sont les peuplades que nous trouvons autour d'Arioviste (I, 31, 10; 37, 2; 51, 2); sur leur emplacement primiti!', p. 48-50. Il faut ajouter les Sedusii (I, 51, 2), sur lesquels il est impossii)le de rien dire.