VI
2. Les iMineiis jurèrent de d(Mnenrer pcrpetuo sub iliorum dicione alque im;'ierio, I, -il, 7; les Si'iiuaiics GallLx tolius princiijuluin obliiierent, VI, 12, 4, cf. 0. Ilemarquez que César dit (I, 31, 3) qu'avant l'arrivée d'Ariovisle les chefs des deux factions sont les Arvernes et les Eduens, et ([u'au moment de sou arrivée ù lui (Vi, 12, 1), les chefs étaient les Séquanes et les Eduens.
5. ], 31, 5, 10, Il ; 32, 5 (oppida oiimiu ne doit concerner que les terres séquanes d'Alsace) ; 4i, 2.
LA GALLE VAINCUE PAR AlllOVISTE. iJiT
Elle parut comprendre le danger. Les Séquanes, au lieu (le s'humilier devant Arioviste, essayèrent de réparer le mal qu'ils avaient fait', et ils appelèrent aux armes leurs clients, anciens et nouveaux. Tous répondirent à leur cri de détresse, et les Kduens eux-mêmes firent cause commune avec leurs vainqueurs de la veille*.
Arioviste, de son côté, invita à la bataille ses compatriotes de Germanie. Bientôt, il eut dans son camp cent vingt mille hommes'. Les Gaulois, toutes forces réunies, vinrent planter leurs enseignes en face de lui : selon leur coutume, ils remeltaient à une bataille le sort de leurs nations*.
Mais le Germain était habile et prudent. Il refusa le combat et se renferma dans son camp : il s'était posté en lieu sûr, à
1. Sur la possibilité de rencontres entre Suèves et Séquanes, p. 158, n. 1.
2. C'est ce que je conclus de César, I, 44, 3 : Omnes Galliœ civitalcs (cf. I, 4'i., 6), €t de Cicéron, Ad Atticum, I, 19, 2 (p. 158, n. 1). — Il faut rejeter Thypothèse de monnaies rappelant cette ligue (de Saulcy, Revue mun., 1800, p. 409 et suiv.).
4. I, 44, 3. Le lieu de la rencontre est appelé par César (I, 31, 12) Admagelobrùja [var. -bria], où il me paraît inutile de lire ad Magetobrigam (Nipperdey, Kraner, Meusel, etc., lecture qui date du reste au moins de Marlianus, xv° s.). Le mot peut signifier ca5/e/fum Admageti et faire allusion à quelque redoute de hauteur (cf. 1. 1, p. 177, n. I). Mais il ne serait pas impossible qu'il fallût lire -briva et songer à un pont (cf. Dot tin, Rev.desÉt.anc.,lX,p. 180). L'indication topograpliique de marécages (1, 40, 8) est trop vague pour qu'on puisse retrouver l'endroit. Je doute seulement (iu"il faille le chercher hors d'Alsace, comme on le fait d'ordinaire : Arioviste dit que les Gaulois l'ont provoqué (44, 3 et 6) et qu'il se trouvait assez près de Cermanie pour recevoir des secours (44, 6); remarquez que, môme à l'arrivée de César, il est suis fmibus (1, 38, 1), c'est-à-dire, je crois, hors de la Gaule. Je suppose donc Admagétobriga à l'entrée de la Haute Alsace ou du territoire séquane (cf. t. II, p. 522-3; ici, p. 156, n. 5), entre Colmar et Schlestadt, et peut-être à Schlestadt même. — L'opinion primitive, sur Admagétobriga, la rapprochait du lUiin : près des marécages du Rhin (Marlianus), Magstadt près de Marsal, puis Bingen (Sanson), Montbéliard (de Vigenere), Porrentruy {Découverte...- d'Amagélobrie, par A. [Dunod?], Porrentruy, 179G),Mazières [?], Maëstricht, etc. — L'opinion courante, depuis le xvui' siècle, place Admagétobriga à Broyé ou au mont Ardou, près de Poniailler : Chifflet, Vesontio, 1618, p. 139 et suiv. ; d'Anville, A'o^ice, p. 61; Schœpflin, trad. fr., I, p. 216 ; Girault, Académie celtique, IV, 1809, p. 273 et suiv., etc. ; Desjardins, II, p. 355; Berget, Bull, arch., 1908, p. 108 et s.; etc. Il y a là, du reste, un fort bel emplacement de camp de marécage, le lieu est un endroit stratégique de premier ordre, au carrefour de grandes roules et des territoires lingon, éduen, séquane (p. 138, n. 6; cf. p. 158, n. 3). — On a aussi supposé, depuis, Amage près de Luxeuil (Walckcnaer, I, p. 320), Gray, Dôle, Gevry (Jura), Moycuvre en Lorraine (d'Arbois de Jubainville, Noms gaulois, p. 83), etc.
l'abri de marécages. Les Gaulois ne purent le forcer à sortir de ses lignes : ils durent se contenter de dresser leur campement à portée de l'ennemi. Arioviste ne bougea pas.
Des mois se passèrent ainsi :les Gaulois, énervés par l'attente, finirent par négliger les précautions nécessaires. Ils se dispersaient à travers champs, se gardaient mal, oubliaient les Germains. Un jour, Arioviste sortit à l'improviste avec tous ses hommes et, presque sans lutte, fit un grand massacre dans l'armée gauloise (début de 60?)',
Les dieux, comme dira plus tard Arioviste, avaient prononcé et lui avaient donné la Gaule : car toutes les nations s'étaient présentées en armes contre lui, et toutes étaient vaincues'.
Cependant, il ne paraît pas avoir poussé tout de suite ses conquêtes vers le sud. Je doute qu'il ait alors franchi la trouée de Belfort et qu'il ait songé à s'étendre au delà des Vosges ^ : son ambition se borna, durant quelques mois, à assurer aux siens les riches et vastes plaines de la rive gauche. De toutes parts, les nations suèves envoyèrent des émigrants pour peupler les terres du Rhin et les arracher aux Gaulois : les Vangions s'établirent autour de Worms*, les Némètes autour île
1. Tout ce qui précède d après I, 40, 8-9; 31, 12; 44, 3 : il n'y eut qu'un seul grand combat, seinel, uno prœlio. — La date, très hypoltiétique, que nous donnons avec l'opinion courante, est tirée de celle de la lettre de Gic, Ad Ait., 1, l'J. 2 (ides de mars 694 ==9 mars 00, Le Verrier) : MdaiJ'ralres nostri. pugnant; Scquani [?] permale [msn. pueri inalam; le texte paraît corroui pu] pu^/narunL Mais : l°il n'y a pas un mot des Suèves dans cette lettre; 2" César ne parle pas de tant de combats; 3' j'ai peine à admettre une campagne d'hiver. Il est cependant possible de concilier César et Cicéron en supposant (]ue celui-ci fait allusion à des rencontres enlre Séquanes et Arioviste en automne 01 (piignarunt), et ù la marclie des Kduens, appelés par les Séquanes contre les Suèves, au print('mi)S (piitiDunl).