LA GAULE VAINCUE PAR ARIOVISTIO
Spire', les Triboques enlevèrent aux Médiomatriques la Basse Alsace et le pays de Strasbourg -. Plus au nord, à l'embouchure du Mein, cent mille hommes se montrèrent sur le fleuve et menacèrent les Belges de la Moselle (58) ^ Au lieu d'une randonnée rapide dans la Gaule, Arioviste procédait à de durables établissements. Et c'est grâce à lui que le nom germanique allait s'implanter pour des siècles entre les Vosges et le Rhin.
Cela ne l'empêchait pas de maintenir ses prétentions sur le reste de la Gaule. Il imposa des otages aux Eduens, qui avaient été les plus maltraités dans la "bataille * ; il en prit ou en reçut d'autres peuples^; il multiplia ses exigences, réclama terres ou tribut® : il répétait que la Gaule était sienne et qu'il y avait tous les droits du vainqueur ^ Il est probable qu'il n'attendait que de nouvelles circonstances pour reprendre vers le sud sa marche de conquérant \
visle : cela parait bien invraisemblable. Tout ce qu'on peut dire de César, c'est (ju'il les y a laissés (cf. I, 43, 9; ici, p. 240, n. 2).
1. Mêmes remarques. — Les territoires occupés par ces deux peuples ont dû être enlevés aux Trévires.
2. Mêmes remarques. — De plus, César les mentionne (IV, 10, 3; cf. Strabon, IV, 3, 4) sur la rive gauche du fleuve en aval des Médiomatriques. Comme le territoire des Triboques continua plus tard exactement à l'est celui des Médiomatriques, il ne serait pas impossible que le mot de Tribucorum ne soit une correction incorporée dans le texte de César (d'autant plus que le nom manque dans les mss. ^); cf. Strabon, IV, 3, 4 : M£SiO[j.aTpixol, àv ol; toputat rcpaavtxbv ëevo; TtepaitoôÈv âx Tf,? oly.E'.xi; Tplêov.yoi. — L'origine germanique et récente de ces trois peuples résulte encore de Pline, IV, 100, et de Tac, G., 28.
3. César, I, 37, 3; 54, I ; cf. IV, 1, 4. Ils songeaient sans doute à l'occupation du territoire trévire de la rive gauche, au nord de celui des Vangions, en aval de Mayence. On voit que le débordement des Germains, de Bàle à Mayence, a été progressif et continu.
4. I, 36, 3. Les Éduens, après avoir fourni des otages aux Séquanes (I, 31, 7-8; 35, 3), en livrèrent aussi à Ariovisle (I, 33, 2; 35, 3; 36, 5). Et, pour affaiblir encore les Éduens, Arioviste empêcha les Séquanes de leur rendre leurs otages (I, 35, 3).