IV. - LE COMPLOT NATIONAL
C'est vers ce tem])s ' que s'organisa en Gaule un vaste complot, qui va déterminer l'arrivée des Homains, et par lequel Jules César commence le récit de ses campagnes. Voici de quelle manière le proconsul présente les faits :
— « Orgétorix-, le plus noble et le plus riche d'entre les Helvètes, aspirait à la royauté, et la noblesse de sa nation le soutenait. Il proposa à son peuple d'émigrer loin de ces terres des Alpes où il vivait à l'étroit, et de chercher de nouveaux domaines : les Helvètes étaient assez forts pour conquérir en Gaule ce qu'ils voudraient. L'exode fut décidé; les préparatifs commencèrent : Orgétorix fut envoyé en ambassade vers les cités voisines, afin d'obtenir le libre passage \ » Mais, en route, il ne négocia pas seulement pour les Helvètes, il travailla pour lui-même. « Chez les Séquanes, il s'aboucha avec Castic, le fils du roi déchu'*, et l'incita à prendre le pouvoir. Chez les Eduens, les hommes les plus considérables étaient deux frères, Diviciac et Dumnorix^ Celui-là, on l'a vu, avait quitté son pays pour ne point prêter serment aux Séquanes, et, réfugié à Rome, il sollicitait auprès du sénat; la magistrature suprême était aux mains de Dumnorix, qui, loin de secourir son frère, ne songeait qu'à consommer sa perte : riche, populaire, entouré d'une
\. Le complot d'Orgrélorix et les projets d'émigration des Helvètes paraissent contemporains du combat d'Admagélobriga; Cic, Ad Alt., I, 19, 2. La grosse dilliculléestiiu'aucun écrivain n'a indiqué le lien qui unit ces choses. Voyez, là-dessus, en dernier lieu, l'.ice Holmes, Tlie Hassical Quaterly, 111, 1909, p. 203-213.
2. Orijelorix, César. H ne me parait y avoir aucun ra[)])»jrt entre lui et les monnaies Orcetirix (Cab., ii"" i800 et suiv.), quoi qu'on ait dit (de Saulcy, /l/i/iu«i/v, 1S07, 11, p. 0 et suiv.); ces monnaies, dont (luehiucs-unes portent aussi la légende Eduis, ne peuvent être attribuées (ju'aux Lduens (cf. Blancliet, p. 4(1") et suiv.).
3. Cf. Ad Alt., I, 19, 2, d'où il résulte que les préparatifs et les pnurparlers ont éUi connus de tous.