LE COMPLOT NATIONAL. ICI
garde nombreuse, Dumnorix ne rêvait, que du titre suprême. L'entente s'établit entre lui et Orgétorix : l'Helvète donna sa lîlie i\ l'Eduen; celui-ci noua d'autres alliances, en particulier avec ses voisins les lîituriges. » Le complot prenait corps. « Il fut convenu qu'Orgétorix, une fois roi chez les Helvètes, mettrait son peuple à la disposition de Castic le Séquane et de Dumnorix l'Eduen. Et ensuite, maîtres à eux trois des trois plus fortes nations, ils imposeraient leur autorité à tous, et l'unilé à la Gaule entière'. » —
Ainsi, d'après César, cet accord n'aurait été que l'entente coupable de trois ambitieux préparant un nouveau bouleversement de la Gaule sous les regards d'Arioviste aux aguets. Et il est en effet possible que ces hommes aient pensé surtout à leur intérêt propre, comme les trois Romains qui, à la même date, concluaient un pacte de domination ^universelle, Pompée, Crassus et César.
Mais, si égoïstes que soient les chefs- d'une conjuration politique, il est rare qu'ils ne prétextent pas à leurs desseins de nobles motifs. Yoici ce qu'Orgétorix, Dumnorix et Castic pouvaient alléguer en faveur de leur entreprise.
— Même après le dernier désastre, tout n'était point perdu pour la Gaule. Arioviste n'avait dû la victoire qu'à la surprise. Ces Germains n'étaient point invincibles. Sur les bords du Rhin supérieur, de Bàle à Constance, les Helvètes défendaient vaillamment contre les Suèves leurs nouveaux domaines, et leur frontière demeurait intacte '^ Ce qu'un seul peuple pouvait faire, il n'était pas interdit à la Gaule de l'espérer.
Sa défaite résultait surtout de sa désunion. Dans la grande bataille contre Arioviste, son principal peuple, celui des Éduens, s'était présenté déjà décimé parles Séquanes et les Arvernes. Il