‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 244 sur 776 · I, 7, 2 et · texte numérisé non relu

I, 7, 2 et

9. I, 7, 2; Dion, XXXVIII, 31, 3 (qui parle d'autres précautions prises).

10. I, 7, 3 : à la liHe de l'ambassade, JSaïunicius et Verucloctius; Dion, XXXVIII, 31, 3. C'est par une de ces négligences dont il est coulumier que Dion doune comme chef aux Helvètes Orgétorix (p. 103).

LES HELVETES ECARTES DE LA PROVINCE. 199

été sincères ou non en faisant cette promesse, les Helvètes témoignaient d'une singulière naïveté en s'imaginant que le Romain les écouterait.

César n'avait pas encore assez d'hommes autour de lui *. Il demanda du temps pour réfléchir, et renvoya la réponse à huitaine'*.

Pendant cette semaine, il mit à l'ouvrage tous ses soldats, et ceux de la X' et ceux qui arrivaient de différents points de la Province '. De Genève au défilé de l'Écluse, sur une longueur de dix-neuf milles % la rive romaine du Rhône fut transformée en un vaste camp retranché. Un mur continu, haut de seize pieds et précédé d'un fossé, ferma l'accès du pays en arrière des berges du fleuve \ Les points les plus importants, gués ou lieux de passage, furent surveillés par des redoutes ^ Les dix à

2. César, I, 7, 6 : Ad id. april. = 9 avril, Le Verrier : je suppose un délai d'une huitaine, nécessaire pour le rassemblement des troupes et l'exécution des travaux; Dion, XXXVIII, 31, 4 et 5.

4. I, 8, 1; cf. Appien, Cdt'ca, 15 : c'est la longueur du fleuve au fil de l'eau.

5. César (I, 8, 1) semble dire un mur et un fossé continus. Dion (XXXVIII, 31, 4) ne parle que d'une mise en défense des lieux les plus importants, xà sTrixaipoTaxa : ce qu'ont accepté Dufour {Bull, de VInst. genevois, 1853, p. 499), Napoléon III et StolTel vP- o6 et suiv., et pi. 3; cf. n. 6), et, d'après eux, Duboin (La Muraille de César, Saint-Julien, 1874, p. 6), Frœhlich (p. 18-29) et Rice Holmes (p. 608j. C'est, je crois, attribuer une précision trop grande à Dion Gassius, qui a pu simplement mêler en une seule expression la muraille, le fossé et les points gardés par les redoutes. Le mur a pu être placé sur le rebord des plateaux et servir surtout à relier les différents corps depuis Genève jusqu'à l'éperon du Vuache, face au pas de l'Écluse {ad montein Juram, I, 8, 1). L'usage de ces murs et fossés continus, surtout aux frontières, fut du reste courant chez les Grecs et les Romains (cf. Pecis, p. 21 et suiv. ; Dict. des Ant. de Saglio, au mot Limes), beaucoup plus habitués que nous à ce genre de défense. Face au Rhône, le mur n'a dû consister, évidemment, qu'en une levée de terre (von Gœler, 2^ éd., I, p. 7 et suiv.; etc.). — Dans le même sens : le plan de l'éd. de Clarke, 1712; [Butini], Mémoires (de Trévoux), juillet 1713, p. 1231 et suiv. (cf. Baulacre, Œuvres, I, 1857 [écrit en 1740], p. 185); Pecis, p. 53 et s.; Napoléon 1", p. 30, 33-4; Depery, Diss. sur l'emplacement, etc. {Journal d'agriculture ... de VAin, XXX, Bourg, 1832, p. 3-35 et suiv.); Resler, Das Pays de Gex, Oppein, 1858; de Saulcy, p. 274 et suiv.; E. W. Murray, The Classical Journal de Chicago, IV, mai 1909, p. 321-332. — L'opinion ancienne était que le mur fut bâti sur la rive droite, de Nyon ou de Genève au Jura (Ortelius, Parergon, Gallia vêtus, 1590; Spon, Hist. de Genève, I, 3» éd., 1685, p. 14; etc.).

0. César, I, 8, 2 et 4. — Les seuls points où les Helvètes pouvaient tenter efficacement le passage et qui furent fortiflés (cf. n. 5), dit Stoffel (p. 56 et suiv.),

douze mille hommes * dont César put disposer s'échelonnèrent sur cette ligne de défense.

Au jour fixé (9 avril ? ^), les ambassadeurs se présentèrent ingénument. César leur déclara que les traditions du peuple romain l'empêchaient d'accueillir leur demande, et il les congédia ^

Les Helvètes s'obstinèrent à vouloir passer le Rhône. Ils se répandirent le long de 4a rive droite : le gros de la troupe essaya de construire un pont de bateaux S quelques détachements descendirent dans les gués ^ Partout, les Gaulois trouvèrent des murailles épaisses, des soldats sur le qui-vive et des traits qui portaient % et il était visible que les Allobroges ne les aideraient pas. Ils renoncèrent enfin à franchir le fleuve, et se décidèrent à prendre la route du Jura ''.

Tous ces événements, y compris le A^oyage de César, avaient duré trois semaines à peine. Une course folle à travers l'Occident % des ordres donnés au bon moment et exécutés à l'heure dite, une armée rassemblée en quelques jours et mise aussitôt à la besogne, des forteresses élevées en une semaine en présence d'un ennemi dupé et inactif, et à la fin la frontière romaine surgissant inviolable en face de cent mille adversaires : tel fut le début de César dans la guerre dés Gaules.

sont : 1» le passaj^e de Peney à Aire-la-Ville; 2° en amont et en aval de Russin (de Russin au moulin de Vert, et de Russin à Avully par La Plaine); 3" de Pougny à Chancy, 4° en face de CoUonges. Et c'est bien là, je crois, que furent, sur la rive gauche, les redoutes (caslella). C'est du reste de ces points que partaient (communication écrite de Marteaux) les vieux sentiers qui rejoignaient la route de Genève à Vienne (p. 195, n. 4) et que partent les passages actuellement les plus fréquentés.

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