V. — LA FRONTIERE FRANCHIE PAR CÉSAR
Ce qui allait se passer dans la Gaule, entre Helvètes, Séquanes et Éduens, ne regardait ni Rome ni César \ Ses prédécesseurs n'étaient point intervenus pour protéger les Séquanes contre Arioviste, les Eduens contre les Arvernes et les Gaulois contre les Teutons -. Une fois la Province à l'abri, il suffisait de faire bonne garde le long du Rhône. — Mais dès l'instant qu'il eut assuré la sécurité de la frontière, César ne songea plus qu'à la franchir.
Il écrivit plus tard, dans ses Commentaires, qu'il ne put tolérer l'établissement des Helvètes en Saintonge ou dans le Bordelais : c'eût été trop près, dit-il, de Toulouse et de la Province, et de graves dangers seraient sortis de ce voisinage ^ — Mais la frontière romaine n'avait-elle pas des voisins aussi gênants, Rutènes et Arvernes? les Helvètes étaient-ils moins redoutables sur les bords du lac Léman, oîi un simple pont les séparait de la Narbonnaise, qu'ils ne le seraient sur les rives de l'Océan, à cinquante ou cent milles d'une terre latine? — Toutes ces paroles de César n'étaient que des formules à l'usage du peuple romain. Pour lui, il avait compris, pendant son séjour à Genève, qu'il tenait enfin le prétexte d'une marche en avant.
Les Helvètes avaient battu en retraite*. H quitta à son tour Genève et les bords du Rhône, laissant sa petite armée aux soins de son légat de confiance, Labiénus ^ Avec une rapidité aussi grande qu'à son départ de Rome, il franchit les Alpes et regagna la Cisalpine ^ Lors de son premier voyage, il n'avait fait