C. JuLLiAN. — Histoire de la Gauls. III
En près de quinze jours *, César ne put faire que douze lieues*. Un jour vint où il craignit de ne pouvoir distribuer aux légions leurs rations de blé bimensuelles ^ Au fur et à mesure qu'il pénétrait sur ces hautes terres éduennes, il sentait que tout devenait plus hostile, la contrée et les hommes.
Il se décida à convoquer les chefs éduens. Aux reproches de César, le vergobret Lise répondit en rejetant la faute sur quelques hommes, qu'il ne désigna pas. Sommé en secret d'être plus explicite, il dénonça nettement Dumnorix. Une enquête rapide révéla tout au proconsul. Diviciac, appelé de nouveau, acheva de dévoiler les menées de son frère *. L'aristocratie éduenne consomma sans vergogne son œuvre de trahison.
Les larmes aux yeux, la main dans la main de César, l'hypocrite Diviciac supplia le proconsul d'épargner Dumnorix \ Le Romain était trop prudent pour inaugurer par l'exécution d'un allié la conquête de la Gaule. Tout en travaillant au profit d'un parti, il ne voulait pas s'aliéner l'autre à jamais. Il se borna à mettre Dumnorix en observation, dans une demicaptivité *.
Si la campagne militaire n'avait donné que de médiocres résultats, les manœuvres politiques aboutissaient à la ruine définitive de Dumnorix et du parti national. L'ordre par lequel
cation de temps pour cette campagne : non modo frumenta in agris matura non cranl, scd ne pabuli quidem satis magna copia, ce qui suppose qu'on touchait à peine à juin. Cf. p. 208, n. 1.
1. I, 15, 5. Comme il y a circiter, il est probable qu'il faut compter moins de quinze jours, peut-ôtre douze seulement, l'intervalle entre la dernière distribution de blé et l'approche de la nouvelle (I, 23, 1).
2. De Màcon aux abords de Saint- Vallier? cf. p. 211, notes. — C'est à l'entrée des montagnes, de Màcon à Cluny, que je rapporte le te.xte très corrompu d'Appien, 15 : IIpouAaêwv TaXaTûiv twv ôpetwv [6cà twv opewv?] è; 6t<i[i,\jpîovç (César dit 4u00, I, 15, 1).
3. I, 16, 1-5. Cf. n. 1 et p. 209, n. 7. Je crois q^'il se trouvait en ce moment vers Saint-Homain-sous-Gourdon, près du croisement des routes du Beuvray, de Toulon et de la Bourbince, et qu'il espérait y trouver des convois de blé. Ne les voyant pas, il se décida ù agir.