LA DÉFAITE DES HELVETES
militaire, son salut, allaient dépendre de l'heure qui comnien(;ait.
11 agit alors comme dans un cas désespéré, demandant du premier coup à ses légionnaires leur plus grand effort et leur suprême volonté. La cavalerie fut écartée; lui-même mit pied à terre, invita les siens à l'imiter, et renvoya les chevaux hors de la vue des combattants : chefs et soldats, tous iraient au môme danger', et, vainqueurs ou vaincus, on resterait sur le champ de bataille. — Les Helvètes approchaient : César prononça quelques paroles, et donna le signaP.
Les légionnaires s'ébranlèrent, et, arrivés à portée de l'ennemi, lancèrent le javelot. Comme les Helvètes se trouvaient en contre-bas, exposés à tous les coups, la salve fut des plus meurtrières : les boucliers de la phalange gauloise étaient si rapprochés, presque emboîtés l'un dans l'autre, qu'un seul javelot en perçait plusieurs à la fois et les attachait ensemble. Beaucoup durent laisser là leurs .boucliers, la phalange fut rompue, il n'y avait déjà plus chez les Barbares que désordre et incertitude, lorsque les légionnaires arrivèrent au pas de course et chargèrent à répée\ Pour ne pas être massacrés, les Helvètes battirent sagement en retraite, et se replièrent sur une colline voisine, à quinze cents mètres du camp romain *. La
1. I, 25, 1. César aurait dit, lorsqu'on lui amena son cheval : « Si je vainc, il me servira à poursuivre; maintenant, allons à l'ennemi » (Plul., 18).