‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 264 sur 776 · Dion · texte numérisé non relu

Dion

4. I, 25, 5-6. Stoffel place le lieu de retraite des Helvètes sur la colline au nord-est de Montmort. Mais je préfère la longue croupe du sud et sud-est, de l'autre côté delà grande route de Luzy et du ruisseau d'Auzon : 1° les Helvètes, en refluant de ce côté, se retrouvaient sur le chemin de Luzy, où était leur arrièregarde; 2° César semble bien avoir traversé cette route pour les rejoindre, au moment où la réserve gauloise arrivait sur lui {ex itinere, 25, 6) ; 3° cela explique la possibilité de la retraite sur Langres (p. 218, n. 1); 4° dans le système de Stoffel, latiis apertum serait la gauche, dans celui-ci, la droite, son vrai sens (p. 216, n. 2). En d'autres termes, les Helvètes, je crois, partent de la route de Luzy vers la colline de Montmort et sont rejelés sur celte même route, d'où ils gravissent la colline au delà dans le sens des chemins actuels de la gare et du Buisson-Borget vers Mont-Tortu. Dans le même sens que nous, Bircher ap. Frœhlich, p. 34, et Bibracle, pi. 3. En faveur de S'.ofTel, Dennison, Classical Philology, IV, 1909, p. 200-1.

manœuvre était habile : cette fois, ils prenaient les avantages de la position.

Les soldats romains ou leurs chefs n'étaient pas encore façonnés à toutes les prudences du métier. Ils suivirent le mouvement des Helvètes, et montèrent à l'attaque de leur colline*, sans songer à la réserve des ennemis. Celle-ci s'avança au moment opportun, et prit à revers les légionnaires-, pendant que les vaincus de la première heure se reformaient, descendaient de leur retraite et recommençaient le combat'.

Cette fois, le danger fut réel. Les quatre légions de César coururent le risque d'être enveloppées. 11 leur fallut faire front des deux côtés. Et c'est alors que le vrai combat s'engagea, sauvage et opiniâtre. On lutta jusqu'au soir. Aucun Helvète ne tourna le dos, et les légions eurent de graves pertes à subir, morts et blessés \

A la nuit, les Romains l'emportaient. Le gros des Helvètes se replièrent sur leur colline % où il parut dangereux de les poursuivre. Ceux de l'arrière-garde se réfugièrent dans le campement, et, du haut des chariots ou derrière les roues, armés de dards et de javelines, ils tentèrent dans la nuit une dernière

1. César, I, 25, 6. — Sur le danger de cette manœuvre, cf. Pecis, p. 84.

2. César, I, 25, 6; Dion, 33, A. Sans doute sur la route, à la droite des Romains, vers l'étang. — C'est ici que se place l'expression la plus discutée, peut-être, de tous les Commentaires. César dit que ses légions furent attaquées ab lacère aperto : cela veut-il dire <■ du côté droit », le côté droit étant celui où le soldat n'est pas garanti par le bouclier? ou « du côté découvert », c'est-à dire celui où l'armée est exposée à l'ennemi? J'incline de plus en plus à accepter le premier sens (entre autres motifs, parce que César l'emploie, VII, 50, 1, dans une circonstance où précisément l'armée romaine n'était pas exposée à l'ennemi, p. 478). Dans le cas présent, c'était bien sur la droite. Cf., pour le sens de « à droite », Frœhlich, Kriegswcsen, p. 225; Ileller, Philologus, XXVI, p. 059; conlra, StolTel, Revue de philologie, 1891, p. 144 et suiv. ; etc.

3. I, 25, 0. Cf. les chemins indiqués p. 215, n. 4. — Ici, Dion (XXXVIIl, 33, 5) dillére complètement de César : le proconsul aurait laissé ses cavaliers poursuivre les vaincus (ce qui parait bien difficile) et aurait marché vers les nouveaux venus.

4. I, 25, C et 7; 20, 1-2. Ce fut la troisième ligne romaine (jui fut portée contre lu réserve ennemie. — Le gros de la bataille a dû se livrer entre la gare et Le Uuisson-Borget.

5. I, 20, 1; Dion (33, 5) dit qu'ils se replièrent tous sur les ciiariols.

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