IX. — CONSÉQUENCES DE LA DÉFAITE DES HELVÈTES
Les Gaulois venaient de subir un très grand désastre, le plus sanglant dont eût souffert un peuple de leur nom depuis la défaite de Bituit et des Arvernes. César n'avait vaincu, il est vrai, qu'une seule nation : mais elle comptait parmi les plus célèbres et les plus fortes, elle s'était levée toute entière, et elle venait de disparaître en un seul jour.
Les circonstances politiques donnaient à la victoire du proconsul une importance plus grande encore, et pour ainsi dire une valeur générale. Il avait détruit cette puissance des Helvètes que les partisans de l'unité gauloise regardaient comme leur suprême espérance ; la bataille s'était engagée sur une des routes maîtresses de la Celtique, entre la Saône et la Loire, au centre de la contrée, et presque en vue de Bibracte, une de ses villes souveraines^; elle avait eu, pour témoins ou complices, les chefs et les hommes de ce peuple éduen qui prétendait à l'hégémonie de la Gaule ^ En fait, cette hégémonie venait de passer à César.
Aussi, dès le lendemain de la bataille, il parlait en maître non seulement aux vaincus, mais à ceux des Gaulois qui l'approchèrent, et il commença à régler à sa guise le sort des hommes et des peuples.
Des émigrants, 200 000 au moins avaient disparu*. Il restait
1. I, 26, 1, 3-4; Dion, 5; Plut., C, 18. Le fait que César a attaqué et occupé le camp gaulois montre bien qu'il n'était pas sur une hauteur (p. 214, n. 3) : e loco superiore (26, 3) signifie du haut des chariots pro vallo.