‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 271 sur 776 · Principes civitatum, 31, 1 ; cf. n · texte numérisé non relu

Principes civitatum, 31, 1 ; cf. n

5. Il se passa à ce moment un fait qui n'apparaît pas très clairement : Arioviste aurait réclamé un nouveau tiers des terres séquanes pour y établir 24 000 Harudes (I, 31, 10), et, à quelques jours de là, les Éduens se plaignent que les Harudes dévastent leur teititoire (I, 37, 2). Il semblerait donc que les Harudes eussent

les prières des autres Gaulois, s'élevant quand Diviciac eut fini de parler, donnèrent à son discours une lamentable confirmation *. — Il est probable que César savait ces choses, et qu'il avait prévu ou préparé la lutte cpntre Arioviste tout en guerroyant contre les Helvètes; et il est possible que ces réunions, ces discours et cette scène ne fussent qu'une comédie arrangée d'avance entre lui et Diviciac*.

Mais comme tous les arguments énumérés par l'Eduen et repris par César dans ses Commentaires étaient de nature à légitimer, aux yeux des Romains, la marche des légions vers le nord! — Arioviste et les Suèves, disait le proconsul, ressemblaient terriblement aux Cimbres et aux Teutons ^ et on sait que lui et ses amis jouaient avec une suprême habileté des terreurs de la grande invasion *^. Si on les laissait faire, des Vosges ils arriveraient au Rhône, du Rhône aux Alpes et des Alpes en Italie même^ D'ailleurs, en dehors de sa propre sécurité, Rome avait le devoir de secourir une seconde fois ses frères les Eduens : c'était une humiliation pour elle que de les laisser en esclavage ^ Tumultes barbares à écarter, devoir fraternel à remplir : jusque-là César n'avait point tort. — Il répondit aux Gaulois en leur promettant une

pris par avance possession de ce tiers, qu'il correspondît aux domaines des Séquanes au nord de TOigaon (Portois, Amoux), et que la rencontre entre Harudes et Eduens se plaçât vers Pontailler, où les territoires séquane et éduen se rencontraient sur la Saône (cf. p. 138, n. 6). Mais tout cela est bien incertain.

1. 31-32; cf. Dion, XXXVIII, 34. Il semble bien qu'il y a eu, dans cette assemblée de la Gaule, une sorte de révolution politi<iue, révolte contre le principat des Séquanes (p. 155), et ébauche de l'hégémonie éduenne (p. 233 et 244) : remarquons en effet : 1° que César va demander la délivrance de tous les otages livrés par les Éddens, aussi bien aux Séquanes qu'à Arioviste (1, 35, 3); 2° qu'il va affirmer à Arioviste ut omni tempore totius Gallice principatum ^dui tenuissent (43, 7); 3" remarquez que c'est Diviciac qui porte la parole, les Séquanes se tenant à l'écart, tristes (32, 2). C'est une révolution générale, précédant la guerre contre Arioviste, comme la révolution intérieure chez les Eduens (p. 204, n. 4) avait précédé la guerre contre les Helvètes : la symétrie est parfaite.

2. 'Et'jyX*'^""' ï*P 8î<^!'''£"'0' wv wpÉysTO, Dion, XXXVIII, 34, 2.

4. Cf. I, 12, C-7;33, 3-4;Gic., De prov. cons., 13, 32-3; Florus, I, 45 [III, 10], 9-10.

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