‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 282 sur 776 · Septimo die, quum iter non intermilteret, I · texte numérisé non relu

Septimo die, quum iter non intermilteret, I

3. 1, il, 5 : Ariovisti copias a noslris milUbus passuum IIII el XX abesse; le chiffre €st sur, cf. Plut., 19.

4. Voici les élémenls, tous sujets à discussion, qui permettent de chercher le lieu du camp de César, qui fut aussi celui de la bataille. — A. En partant de Besançon, César s'arrêta le septième jour après son départ et après avoir marché sans arrêt (I, 41, .j; ici, note 2) : mais il est impossible de savoir quelle a été sa vitesse. Je crois ditlicile qu'il n'ait pas fait 10 milles par jour, soit en tout 70 milles ou 105 kilomètres, ce qui nous mène, en tout état de cause, au delà de Belfort. — B. Kn partant éi^alemeut de Besançon, César fit un détour (p. 230), à propos duquel il parle de 50 milles : Millium ampliiis quinquaginta circuitu (1, 41, 4). Mais ce chillre indique-t-il ce qu'il a marché en plus de la route directe? ou la longueur totale de sa route? ou la longueur du chemin détourné seulement? J'incline à cette dernière hypothèse : César aura marché 50 milles sur la route détournée, de Besançon à Arcey (ici, p. 230, n. 5), puis encore vers Belfort dans la direction d'.\riovisle. — C. En partant du nord (p. 227), Arioviste, pour atteindre le camp de César, marcha trois jours, triduo, à partir de ses « frontières », a Jînibus (38, 1), et, en plus, 24 milles (41, 5). Mais à quelle vitesse marcha-t-il? ces frontières sont- *lles celles du tiers du pays séquanais dont il s'empara? en ce cas, il part des environs de Belfort; ou sont-elles celles de ses États Iransrhénans, domus (cf. 1, 44, 2 ; 43, 9)? Jincline à cette dernière hypothèse et à croire que César entend le point où Arioviste franchit le Rhin pour quitter la Germanie et que cette marche (3 jours -f- 24 milles) correspond aux 50 milles de sa fuite (cf. D) : les fines ou limites d'Arioviste, c'est peut-être le Rhin à Kiehl. Je ne me dissimule pas l'incertitude de cette solution. — D. Du lieu de la bataille au Rhin Arioviste eut « environ • 50 milles à parcourir, et, suivant les habitudes de César, ce chiffre de circiter (53, 1) comporte une forte marge. Mais : 1° si le chiffre de 50 milles est chez Orose (VI, 7, 10) et Plutarque {César, 19), les mss. de César (53, I) donnent quinque ou v : j'incline cependant à accepter 50 et à supposer une erreur chez les copistes de César, car il me paraît impossible que César eût écrit, à propos de cavaliers, neqae prias fugere destiterunt {5S, 1), s'il s'était agi d'une course de 8 kilomètres; 2° de quel point du Rhin s'agit-il? les principaux lieux de passage sont Bàle et Strasbourg : si on songe à Bàle, 50 milles nous mènent à Arcey ou au delà; si on songe à Strasbourg, 50 milles nous mènent à Rouffach ou au delà : j'incline vers cette dernière hypothèse. Quant à accepter que les Romains aient confondu l'ill et le Rhin, cela n'est pas possible. — Il y a donc place, pour le lieu de la bataille, à un grand nombre d'hypothèses, entre plus de 50 milles, 75 kilomètres, de Bàle et 5 milles de Strasbourg. — Les deux principaux systèmes sont : L Celui de la Franche-Comté : près de Montbéliard (Schœpflin); Dampierre (Cluvier); Ronchamp dans la vallée du Rabin (Sarrette); Saulnot (Trouillet); Arcey, le meilleur des emplacements dans ce système (Colomb et StoUe); Villers-lès-Luxeuil (Gravier et Fallue). J'y ferai bien des objections (de même, Delbriick, p. 452) : 1° César, qui se dit très pressé, n'aurait fait que 50 milles en 6 ou 7 jours: 2° prenant, comme il l'a fait, le détour de Villersexel, il risquait, en arrivant à Arcey, qu' Arioviste

Le roi germain lui fit dire qu'il acceptait cette fois l'entre-

(qui, dans cette hypothèse, serait près de Belfort, à Délie) eût marché à son insu sur Besançon parla route directe; 3° pourquoi se serait-il arrêté à Arcey en apprenant le voisinage d'Arioviste (I, 41, 5)? 4° à Arcey, Arioviste ne pouvait guère le couper de ses vivres (I, 48). — II. Celui des environs de Mulhouse. Je m'y range volontiers. Car : 1° César a dû désirer entrer le plus tôt possible dans le pays découvert de IWlsace; 2° il n'a pas dii vouloir, cependant, s'engager troi> avant dans la plaine; 3° lorsqu'Arioviste parle à César, il déclare qu'il campe, non pas dans sa patrie, domus (43, 9; 44, 2), mais sur les terres concédées parles Séquanes (p. 156), sedes habere concessas (49, 2) : il est donc dans la Haute Alsace, et, dans notre hypothèse, il est à Colmar (p. 227); 4° il rappelle à César qu'il n'attaque pas, mais qu'il se défend chez lui, sui muniendi (44, 6) : il n'est donc pas sorti de la Haute Alsace; 5° il semble bien qu'Arioviste ne veuille pas s'éloigner du Rhin, et cela, afin de grossir son armée (34, 3; 35, 3; 43, 9; 44,6); 6° près de Mulhouse, à Thann, la route de Besançon était rejointe par colle d'Épinal, c'est-à-dire des Leuques, alliés de César (I, 40, 11; cf. p. 236, n. 2). C'est donc, je crois, à ce grand carrefour des routes de la Haute Alsace, entre Thann et Mulhouse. qu'il faut chercher le champ de bataille. — Les environs de Cernay et d'.\spach ont été indiqués par von Gœler (1" éd., p. 47), acceptés par Moinmsen (p. 236 et suiv.), Napoléon III (p. 96 et suiv.). Je les accepte avec quelques variantes (plus bas). — Dans la môme région : près d'Altkirch (de Vaudoncourt, p. 334), entre Ensisheiin et Cernay ou près d'Ensisheim (Laguille, p. 4; Knoll, p. 70); près de Mulhouse (Benner, p. 376); à La Chapelle-sous-Rougemont (Schluniberger); « du côté de Belfort » (Napoléon, Précis, p. 35; von Veith; Klebs, Ariovistus chez Wissowa, c. 844); près de Bàle (c'est le système primitif: Beatus Rhenanus, Rerum Germanicarum Ubri, 1551, p. 8; etc.); vers Por^entruy (après d'autres, Vautrey). — Système septentrional : autour de Beblenheim près de la Fecht, dans la Haute Alsace, proposé par Stoffel, très vite populaire (Rice Holmes, p. 636 et s.; Delbriick, p. 448 et s.). — Mais on est allé encore plus haut, et Winkler a proposé Afterberg dans la Basse Alsace (entre Epflg et Stotzheim), et ce système tend à prévaloir en Allemagne (cf. OEhler, Bilderatlas, 2' éd., p. 86-7; le même, Die Saalburg, n°' 14-15, 1908, p. 250-1). — Et on s'est même égaré de l'autre côté des Vosges, vers Sarrebourg (Kœchly et Riistow, p. 117).

Il est tout aussi difficile de trouver, près de Cernay, le terrain des opérations. Il faut chercher : 1° un grand camp romain près de la route de Besançon; 2° à 3 kilomètres de là au sud, près de cette même route, un vaste emplacement où a campé Arioviste, et cet emplacement, sans doute, situé sur une colline (p. 236, n. l)et difficile à forcer; 3° à un kilomètre de ce campement (p. 236-7), et toujours sur la route, une hauteur portant le petit camp de César. La question est de savoir où passait la route. — Si on choisit le tracé de la voie romaine par Aspach-le-Bas, le grand camp peut être sur la hauteur (cote 300 [je cite la carte française de l'Elat-Major] ou Lerchenberg) qui domine le village au nord de la Petite Doller, le campement germain au sud-ouest, sur les hauteurs boisées du sud de la Doller (Erlach, Langelitlenhaag), le petit camp à Burnhaupt-le-Ilaul, ou, à la rigueur, sur la colline qui domine le village et le ruisseau de Soui/.bnch (cote 325), la bataille sur les pentes à l'ouest de Burnhaupt-le-Haul. — Si on accepte le tracé de la route par Cernay et Aspach-le-Haut, le grand camp peut être sur la Thur, dans rOchsenfeld (van Kampen), le campement barbare sur les hauteurs que domine le signal de Roderen, le petit camp au sud de Michelbach, sur la Doller (cote 376), la bataille d'Aspach-le-Haut à Michelbach. — Ce qui, après examen des lieux, me ferait préférer la seconde hypothèse, c'est : 1° que le petit camp serait vraiment fort bien placé, idonciis lorus {M, 1), dominant le pays, et fermant les chemins (roule de Rodeien à Guewenlieim) par lesquels Arioviste pouvait

L'1':NTI\EVL'E de césar et D'ARIOVISTE. 233

viio ' : César se j^archi bitMi de la refusor-. Il espérait et souhaitait un accord \ ou, du moins, il voulait (ju'on le crût : cette guerre lointaine, pleine irembùches et d'intrigues, antipathique aux soldats et contraire aux volontés de Rome, ne laissait pas que de l'inquiéter pour cette première année de proconsulat. Pendant cinq jours, d'un camp à l'autre, des messages s'échangèrent : Arioviste exigea que l'on vînt à cheval, et César, n'osant se fier à ses cavaliers gaulois, donna leurs montures aux légionnaires de la X', désormais sa garde du corps *.

L'entrevue eut lieu à mi-chemin entre les deux camps, sur un tertre isolé qui dominait la vaste plaine d'Alsace'. Les deux chefs le gravirent à cheval, accompagnés chacun de dix cavaliers seulement. Derrière eux, à deux cents pas, se tenaient d'un côté les quatre mille légionnaires montés, et, de l'autre, un nombre égal de Germains à cheval®. C'était toute une armée qui encadrait Arioviste et César.

César parla le premier. — Il rappela les bienfaits que le Suève avait reçus de Rome, déclara que son intention était de rendre aux Eduens l'empire de la Gaule, et que désormais les Germains devaient les laisser libres, et s'abstenir de passer le Rhin ; à la rigueur, on leur abondonnerait ce qu'ils avaient pris'.

Arioviste ne fut pas embarrassé pour répondre, et il le fit avec une rude franchise. — On l'avait appelé en Gaule et payé

descendre pour couper les convois arrivant de Belfort; 2° Arioviste, dans cette hypothèse, demeure toujours adossé à la montagne (cf. p. 235, n. 5); 3° je comprends mieux sa marche de flanc, longeant le camp de César sans être attaqué (p. 233, n. 8) : car, en rejoignant les hauteurs de Roderen par Thann et Leimbach, il était garanti, contre une agression de César, par le cours de la Thur d'abord et ensuite par les coteaux qu'il suivait. — Les autres partisans de Cernay (von Gœler, p. 47; Napoléon III, pi. 6; van Kampen, pi. 2) préfèrent tous la route d'Aspach-le-Bas, trop influencés sans doute par la voie romaine.

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