II, 29, 1-4: Dion, XXXIX
2. Il me semble difficile d'hésiter entre deux localités autres que la citadelle de Namur (montagne de Ciiampeau) et le mont Falhize sur la Meuse, face à Iluy de l'autre coté du fleuve. Mais ni l'une ni l'autre ne sont entièrement satisfaisantes. Si j'ai accepté Namur, après de longues hésitations que la vue du terrain a en grande partie dissipées, c'est pour les motifs suivants : 1° je trouve bien à Falhize le col de 200 pieds dont parle César (p. 271, n. 3), mais il ne présente pas une inclinaison ou une dépression assez sensible pour justifier ce qu'il en dit, ainsi (jue la construction d'un agger (p. 272, n. 1); 2° à Falhize, les redoutes d'investissement (p. 271, n. 6) n'auraient pas été assez rapprochées de Vagger pour permettre aux légionnaires d'arriver aussitôt contre les assiégés faisant leur sortie (p. 272, n. 4); 3° l'emplacement du mont Falhize est merveilleux pour un oppidum, mais il n'a livré, (jue je sache, aucune antiquité, au contraire de Namur et de sa citadelle (Borgnet, Promenades, I, p. 3.")4 et suiv. ; Dicl. arch. de la Gaule, p. 14; C. I. L., Xlli, 3G20-5; Le Musée Belge, 1!>03, p. 340);. 4» le mont Falhize, qui dépend de la commune de Iluy, a dû appartenir, comme cette dernière ville, au Gondroz, Condrusi: la rive de la Meuse sur laquelle il se trouve, confine à la Hesbaye, territoire des Éburons. — Les objections à faire à la citadelle de Namur (déjà bien vues par de Marne, Histoire du comté de Namur, 1754, p. 11 et suiv., et par Pecis, p. 272 et suiv.) sont : 1° son peu d'étendue, 12 hectares, insuffisante pour loger 60000 hommes (G., II, 33, 7) : mais qui nous dit (réponse de Borgnet, Prom., 1, p. 29) qu'ils ne se sont pas entassés, et en partie sur les flancs de la montagne (cf. Vil, 36, 2; 69, 5)'? 2° le silence de César sur la Sambre et la Meuse : mais il y a tant de clioses dont il ne parle pas (p. ex., la Marne près de Paris, p. 462, le lac de Sarlicves à Gergovie, p. 468, n. 7, la Brenne à Alésia, p. 508-9), et du reste cette objection vaut contre Falhize. — On a songé à Namur dès le xyu" siècle au moins : Sanson, § 2: Borgnet, Promenades dans Namur (tiré des Ann. de la Soc. arch.), Namur, 1, 1851-9, p. 19 et suiv. (très utile); Gantier, p. 105 et suiv.; etc. — Falhize a été signalé en 1858 par von Gœler (V éd., p. 83), accepté par Bertrand et Creuiy {Rev. arch., 1861, II, p. 401; Carie, p. 8 et suiv.), Bocquet (Bull, de Vlnslilut arch. liégeois, V, 1862, p. 167 et suiv.). Roulez {Bull, de l'Ac. roy. ... de Belgique, XXXI' a., H' s., XIII, 1802, p. 384), Ileller (Philologus, XXVI, 1807, p. 606), Piot (Messager, 1874, p. 156), von Veitli (Monalsschrift de Pick, VI, 1880, p. 231 et suiv.), van Kam[)en (i)l. 4), Ilock (Éludes sur quelques campagnes de Jules César dam la Gaule-Belgique, Namur, 1897, p. 7 et suiv.). — Les autres hypothèses paraissent négligeables : Tongres (de Marne, p. 17; etc.); .Monlaigu sur le Uemer (Boulez et B[aert], p. 19); Fallais sur la Méhaigne (d'Anville, p. 34 [peut-être erreur pour Falhize] ; Napoléon 1", p. 41-2): Saulour près de Philippe vil le (ap. Napoléon llLp. 132); Bcauniont près de Maubeuge (ap. Bertrand, Itev. arch., l. c, p. 459); llastedon i)rès de .Namur (Dewez, Nouv. Mém., p. 251 ; .\rnould et de lladiguès, Congrès internat. d'Anlhrojiologie, \l' s., Bru.xclles, 1872, p. en 1873, p. 318 et suiv.; les mêmes, Ann. de la Soc. arch. de Namur, .\II, 1872-3, p. 229 et suiv.); près de Sosoye (van der Klst, dans Nederduilsch Tijdschrifl, Bruxelles, II, II, 1804, p. 216-227); les Kessellergen près de Louvain (Wauters, Bull, de l'Ac. roy. de Belgique, L" a., 111" s., I, 1881, p. 343 (;l suiv.); le plateau d'Einbourg près de Liège (vun Ca\\iinsi'i\, Jahrhiicher de Bonn, ,\LIII. 1807, |i. 7 et s.); le plateau de Ferscluveiler près d'Kchterna<li (Bone, Dus Plateau, etc., Trêves, 1876; cf. Jahrbiicher (h; Bonn, LVIII, p. 181 et suiv.); etc. — L'ancienne opinion était Bois-Ie-l)uc (.Marlianus; de Vigenere,