I. Cf. p. IG'J et suiv., p
RIlREUaS RT REVES DE CESAR. 281
raient pas i\ la moitié de ses ambitions. — Et ce qui, enfin, est son excuse, c'est que les généraux de ce temps étaient coutnmiers de ces marches rapides et triomphales dans le monde, au travers de nations qui se courbaient devant eux. Marins avait parcouru, en nouveau Bacchus, tout le nord de l'Afrique, depuis Utique jusqu'à la Moulouya; Pompée avait eu sa promenade héroïque, depuis la Cilicie jusqu'à l'Araxe; César, à son tour, était passé à travers les Alpes, depuis Itome centre du monde jusqu'à l'Océan' des Morins « les derniers des hommes » - : et il pensa que l'Occident ne donnerait pas plus de démentis à la gloire de son vainqueur que l'Orient à celle du grand Pompée. — Il jugea donc terminée sa tâche gauloise, et ne vit plus dans le sol conquis au delà des Alpes qu'un terrain pour préparer des conquêtes plus lointaines encore.
On le comprit à Rome, et qu'avec un tel homme les guerres naîtraient sans cesse des guerres, jusqu'au jour où, gorgées de butin et esclaves de leur chef, les légions l'imposeraient comme dictateur. Aussi, dans l'hiver qui suivit les campagnes du Nord, les amis de la liberté, Caton, Cicéron lui-même, s'inquiétèrent sérieusement sur le compte du proconsuP. Quand on lui eut accordé toutes les actions de grâces*, o>n lui fit entendre que cela signifiait la clôture des opérations militaires, le retour de l'armée, le triomphe sur le Capitole, le licenciement des légionnaires"'. Les soldats reçurent du sénat leur solde intégrale*^ : mais cela voulait dire que les campagnes étaient -finies '. Et le