‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 370 sur 776 · Cf. p. 182 et · texte numérisé non relu

Cf. p. 182 et

Brutus, inconnu l;i veille, remporta la première et la seule victoire navale que Rome ait inscrite à son nom sur FOcéan.

Les Vénètes et leurs alliés avaient rassemblé leurs bâtiments dans les parages du Morbihan, sans doute dans le golfe même '. Il y avait là environ 220 navires à voiles, hauts et massifs comme des citadelles-. Contre eux, tous les moyens d'attaque en usage chez les Méditerranéens devenaient inutiles ^ L'éperon ne ferait que de légères blessures dans ces robustes (lancs de chêne*; les grappins d'abordage ne pourraient saisir les rebords, à la distance où il faudrait les lancer^; bâtir des tours sur les vaisseaux romains pour atteindre le niveau des ennemis, cela paraissait inefficace : elles resteraient toujours en contrebas des lignes d'attaque de l'adversaire ''. Dressant fort au-dessus de l'eau leurs poupes et leurs proues, leurs ponts et leurs bastingages, les bâtiments gaulois assuraient à leurs défenseurs ces avantages du terrain que les légionnaires savaient le plus souvent mettre de leur côté" : les soldats de Brutus allaient combattre à la l'ois de trop loin et de trop bas, comme s'ils assiégeaient une forteresse dont les murs étaient à l'abri du bélier, des échelles, des tours et des flèches.

Cette comparaison s'imposait tellement, que Brutus ou ses ingénieurs empruntèrent à la poliorcétique leur principal moyen d'attaque. Ils armèrent leurs vaisseaux de faux ti-anchantes, solidement fixées à de longues perches *: c'était avec

1. La balnillo maritime et les opérations de César se déroulent in \'enctos (11, o), la (■(jiicentration de toutes les forces de la ligue eut lieu m Vcnetiam (9, 9), dans un jiort ou une rade capable de contenir plus de 200 gros navires (\i, 2). Tout cela semble indiquer un estuaire ou une anse du Morbihan, Port-Navalo? — On a proposé l'estuaire de la rivière (f'Auray (Napoléon 111, p. 144). — Il n'y a ^las à s'arrêter à l'objection que le Morbiban n'aurait pas existé au temps de César (cf. t. 1, p. y, 11. 0).

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