Cf. Dion, XXXIX
4. César, III, 14, 2; Dion, XXXIX, 40, 5. A partir d'ici, c'est-à-dire pour tout le récit de la bataille, je préfère le récit de Dion à celui de César (copié par Orose, VI, 8, 11-16), dont il diffère notablement (cf. ici, n. 5 et 6, et notes des p. 298-300) : il est plus complet, plus précis et plus conforme, au moins suivant moi, à la nature des lieux et à la marche d'une bataille navale antique. Dion, ou plutôt Tite-Live, a dû avoir sous les yeu.x un récit circonstancié fait pur un témoin oculaire, servant sur la flotte (cf. de même, pour les batailles navales contre les Marseillais, p. 588 et suiv.). — Dans un sens opposé : Melber, Des Dio Cassius Bericht, p. 289 et suiv. des Commentationes WœlfjUnianœ, Leipzig, 189G; Columba, Cassio, p. 53-6; et autres.
5. 'Avl(j.(i) xal uoXXq) xa\ asocpw, Dion, XXXIX, 41, 2 : ce ne peut être qu'un vent de terre, le Nord-Est, fréquent dans ces parages à la fin de l'été. César, au contraire (III, 15, 3), ne parle que du vent qui aurait aidé les Barbares à fuir, ce qui peut être, soit le Nord-Est vers la haute mer, soit le Sud-Ouest vers la terre.
6. Dion dit que Brutus fut attaqué alors qu'il était au mouillage, vauXoyo'jua;; (XXXIX, 41, 2); il ajoute que devant l'attatiue, il songea à l'échouage (42, 1) : ce que confirme César en parlant des incertitudes de l'amiral (14, 3); d'autre part, Brutus était très près de son chef (14, 8-9). Je crois donc qu'avant la sortie des Gaulois, il a eu le temps de naviguer par le travers de l'entrée du golfe, de prendre contact avec le proconsul, et de mouiller au sud de la presqu'île de Locmariaquer, à la portée des légions.
7. Ce qui m'a fait choisir les parages des presqu'îles de Locmariaquer et de Port-Navalo, ce sont : 1° la probabilité de l'arrivée de César par le nord du Morbihan (p. 295, n. 6); 2° les diiférents détails, voisinage du port gaulois (p. 294, n. 1), projet d'échouage de Brutus (ici, n. 6), probabilité du vent du nord-est (ici, n. 5), détails résultant surtout de Dion (p. 297, n. 4), et qui me paraissent plutôt convenir à ces parages. — Cette opinion a eu ses défenseurs vers 1855, lors des polémiques engagées sur ce sujet. — L'opinion ancienne, dont se rapproche la nôtre, était pour la baie de Quiberon : de Caylus, Recueil d'Antiquités, VI, 1764, p. 369 et suiv., pi. 118 (surtout d'après le président de Robien); de La Sauvagère,
suivaient des yeux toute la scène. De la mer, les légionnaires qui allaient combattre, aperçurent leurs camarades et leur général, et cette vue accrut le courage et la confiance'. Mais il n'en demeurait pas moins fâcheux pour César quMl dût laisser à un lieutenant le soin de commander en chef, et qu'il assistât, immobile et impuissant, à la bataille d'où dépendait une partie de sa gloire. On dit même qu'à la vue de sa flotte, qu'il contemplait pour la première fois, il fut saisi d'inquiétude en comparant ses vaisseaux longs et minces, profilant sur la mer leurs rapides silhouettes, aux forteresses superbes et dominatrices de l'escadre gauloise, couronnées de multitudes et regorgeant d'armes. Et il avoua presque qu'il doutait de fa victoire ^
Trois circonstances la lui donnèrent : les ressources que Brutus tira des faux de guerre^; la chute subite du vent*; et l'incurie des Gaulois, qui avaient négligé, comme à l'ordinaire, de se munir de pierres et d'armes à longue portée^
Ce furent les Gaulois qui attaquèrent •"', avec le double avan-
liecuril, 1770, p. 259 et suiv. — Le système le plus répandu place la bataille, César et Brutus, dans les parages de Saint-Gildas, presqu'île de Ruis ou de Sarzeau, et il n'est pas impossible : de Grandpré, Mém. de la Soc. des Anticiuaires de France, II, 1820, p. 325 et s. (c'est lui qu'on a suivi); Fouquet, Des momimenls celtiques et des ruines domaines dans le Morbihan, Vannes, 18")3, p. 41-Gl ; Lallemand : 1° Vénélie armoricaine, Vannes, 1860; 2° Cumita/jne de César dans la Vénélie, Vannes, 1801 ; von fiœler, 2" éd., p. 100; Napoléon III, p. 143; Long-, IV, p. 111; van Kampen, pi. 5; Fallne, p. 101 ; Orieu.x, César chez les Vénèles, Bull, de la Soc. arch. de Aantcs, XIX, 1880,et XXI, 1882; Blaneho, Guerre maritime de César, Sarzeau, 1899; Rice Holmes, p. 003 et suiv.; etc. — Dans le golfe même : Tranois, La Petite Mer, Mém. de la Soc. arch. et hist. des Côtes-du-Aord, I, 1833, p. 401 et suiv.; le même, Réponses, Saint-Hrieuc, 18.jo. — Je regarde comme impossible tout système qui éloigne du Morbihan, c'est-à-dire des Vénctcs. — Au sud, dans les parages de (iuérande : Sioc'lian de Kersabiec, Corbilon, etc., Bulletin de la Soc. arch. de Nantes, VllI, 1808, p. 218 et suiv.; Nicolazo de Barinon, Bomains et Vénètes, Nantes, 1872; do La Monneraye, Géof/r. ... de la péninsuli' armoricaine, 1884, Saint-Biieuc, j). lOfi; Korviler, on dernier lieu Armoriijue et Bretagne, I, 1893, p. 10l-lo2: de La Rorderie, Hist. de Bretagne, I, 1896, p. 72. — A plus forte raison, les côtes du Finislère : P. de l'IsIe du Dréneur, Des Gaulois Venètes de la Grande Briîre, etc., [1887, iSaint- Brieiicl, extrait du Bull. arch. de l'As:<oriation Bretonne.