‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 389 sur 776 · Dion, XXXIX · texte numérisé non relu

Dion, XXXIX

310 CAMPAGNES PlU-S DES FRONTIÈRES.

Les ennemis, attaqués par derrière, poussés par devant avec une nouvelle énergie, lâchèrent pied et, pour s'enfuir, sautèrent par-dessus la muraille '. Comme cette partie de la Gascogne était une vaste plaine découverte', ils ne purent éviter, même la nuit, les regards et la poursuite de la cavalerie, et, dit-on, un quart seulement s'échappa des oO 000 Aquitains et Cantabres qui avaient combattu contre Crassus^ (septembre?*).

L'armée des confédérés détruite, les peuples se soumirent et envoyèrent d'eux-mêmes des otages. Presque tout le pays entre Garonne et Pyrénées accepta la loi romaine ^ Mais il y eut, dans les hautes vallées, quelques tribus récalcitrantes qui, se sentant protégées par les approches de l'hiver, s'épargnèrent toute démarche, et Crassus les laissa tranquilles*.

La campagne avait été d'une rare élégance : des dangers évités au bon moment, des marches et des sièges bien conduits, une

2. Aperlissimis campis (2G, 6) : c'est la seule indication toi)o^ra[)lii(jue pour loule celte cani])af;ne (cf. p. 307, n. 3). Cela signifie, je crois, une plaine non boisée de plusieurs kilomètres. Il me semble (ju'on ne peut guère en trouver, en Aquitaine, que dans la région entre Landes et Chalosse ou entre Béarn et Armagnac, le long de TAdour, de Riscle à Dax. C'est à l'endroit où Crassus, venant de Sos, a débouché dans la vallée de l'Adour, qu'il faut chercher les épisodes racontés par César, vias obsidere, numerum hoslium aiujeri, les deux camps, la bataille et la poursuite. — On peut songer à la plaine de Saint-Sevcr, ou, plutôt, à celle de Bégnar, au sud-ouest de Tartas. Crassus sera venu par Sos, Herré, Saint-Justin, Mont-de- Marsan et Tartas? Son camp a pu être sur un des coteaux de Tartas près de la rive gauche de la Midouze, celui des ennemis sur la légère hauteur de Bégaar, l'attaque directe se faire par la ligne de la grande roule actuelle, l'attaciue de derrière, par la ligne que suit la voie ferrée et par le vallon du ruisseau du Lizou, la poursuite se faire dans le bas vers les rivières, -r- Autres hypothèses, p. 307, n, 3.

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