Cf. t. 1, p
ô LES ROMAINS DÉTRUISENT L EMPIRE ARVERNE.
lions des Méditerranéens et contre les brigandages des Barbares du Nord. Et ce fut, dans tous les temps et sur tous les continents, la condition incertaine et périlleuse des nations qui s'efforcent de vivre entre les confins des vieux États civilisés et la lisière des pays sauvages : elles n'ont souvent que le choix entre deux manières de mourir.
Il semblait cependant, vers l'an 150 avant notre ère, que l'Empire arverne ne courait pas encore les plus graves dangers sur l'une et l'autre de ses frontières. Il ne venait de la Germanie que des troupes isolées, faciles à écarter ou à loger'; dans les grandes vallées du Nord, trois peuples vigoureux barraient la route aux invasions, les Nerviens, au seuil de Yermandois, les Trévires, le long de la Moselle, les Séquanes, des deux côtés de la trouée de Belfort^ Ce qui tenait à distance le peuple romain, ce n'étaient pas les Alpes et les Pyrénées : car ses légions pourraient les franchir sans peine ^ et elles les avaient déjà ^tournées en débarquant à Marseille*. Mais le sénat semblait maintenant s'interdire de nouvelles entreprises. Les révoltes de la Macédoine, de la Grèce et de l'Asie, l'empire espagnol de Viriathe le Lusitan, la résistance opiniâtre des Celtibères dans Numance, venaient de lui montrer qu'avant de s'étendre à nouveau, il fallait s'assurer pour toujours la fidélité de l'immense empire (148-133) ^ D'ailleurs, Rome et l'Italie souffraient alors de tous les maux qu'entraînent des conquêtes trop rapides, et la tâche principale des chefs é^Axt de remédier à. ces maux. Le plus célèbre et le plus sage de tous, Scipion Emilien, renonçait à la vie des camps et se vouait à la réforme de l'Etat ^
Pour maintenir la sécurité de ces temps de trêve, la Gaule