et
5. Après de longues hésitations entre les dates des 25, 20 et 27 août, j'accepte la seconde pour le motif suivant. — Quatre jours après le dcharquement, post dicin quartum quam est in Briianniam ventiim (28, 1), les vaisseaux de César (jui portaient ses cavaliers quittèrent Ambleteuse (p. 339), et cela, soit la veille, soit le matin du jour qui précéda la pleine lune, laquelle tomba dans la nuit du 30 au 31 (p. 344, n. 3). Si c'est le malin, il faut prendre le 27 pour jour du débarquement; si c'est la veille, le 26. J'ai préféré le 20, parce que ce jour convient mieux que le 27 à l'heure du renversement des courants l'après-midi dans les parages de Douvres (p. 341, n. 7). En effet, le 27, quatre jours avant la pleine lune, ils se renverseraient trop tard (pas avant 6 heures) pour permettre le départ de César vers la neuvième heure, qui finit vers 3 heures et demie. Le 20, cinq jours avant la nouvelle lune, le renversement n'a guère heu normalement qu'après 4 h. (très peu avant 5 h.), mais il a pu être avancé par la préseiict' d'un vent favorable, déterminant plus tôt un courant dans la direction de Deal iv(yituin et œstum uno temporc nactus secundum, 23, 0). — A ce point de vue, morne, la date du 25 est plus commode : car le changement de courant a lieu un peu avant 4 heures, et, avec le vent, plus tôt encore, ce qui correspond h Vhora noua de César. Mais pour prendre cette date du 25, il faudrait attribuer au post dicm quartum de César le sens du cinquième jour, et non du quatrième, ce (jui me parait fort difficile. — Je suis arrivé à ce résultat, qui demeure approximatif, en comparant r/lnnunirt; des Marées de 1005, mois d'août (j'ai choisi août 1905, parce (jiie la pleine lune du 15 tombe 11 3 h. 41 du matin, temps de Paris, soit à 3 h. 32, (ireenwich, c'est-à-diro à peu près au même moment que la pleine lune du 31 aoilt 55, 3 h. 33, Greenwich
DKIIAHQUEMENT EN BRETAGNE. 3H
L'expédition prit tout de suite lo caractère d'une fâcheuse aventure. En face de lui, César trouvait un port excellent, celui de Douvres', mais en ce moment inai)ordable : autour de l'échancrure oîi pénètre la mer, des rochers, des collines, des falaises couvertes d'ennemis^; sur quelque point qu'on débarquât, les traits décimeraient les légions'; en avant de la rade, des jetées ou des barrières de toutes sortes * ; partout, des adversaires ou des obstacles, et nulle trace de ces messagers auxquels on avait donné rendez-vous et de Comm leur compagnon. — César fit jeter l'ancre % délibéra avec ses officiers, interrogea Volusénus" et, dans l'après-midi, se remit en route' pour gagner, à sept milles ati nord, la grande plage de Deal^ : c'est
(p. 344, n. 3), en comparant, dis-je, cet Annuaire avec les cartes, classiques en France, de Hédouin (Courants de la Manche, 1891). Voyez, par exemple, les cartes G et H : elles représentent les courants aux heures respectives de 5 h. et 6 h. du soir, à la date du 26 août 55 {= 10 août 1905) : on comprend fort bien par ces cartes comment le courant a pu pousser alors César vers Deal, surtout en tenant compte de la remarque préliminaire de Hédouin : « On ne perdra pas de vue que la régularité des courants peut être troublée par l'influence des vents. » — Je suis arrivé du reste à un résultat semblable en partant de documents d'autre nature, les tables du Pilote de la Manche de Loizillon, 1881, p. 301. — Rice Holmes, en procédant de manière toute diflérente, préfère également le 26 : il fixe, d'après les calculs faits pour lui au Naulical Almanac Office, à 6 h. 21 la marée du matin de Douvres le 26. — Napoléon III (p. 199-200) préfère le 25. — Cf., sur cette question si controversée des courants: Beechey, Philosophical Transactions, 1851, II, p. 703 et suiv. ; de Saulcy,p. 211 et suiv.; Archœologia, XXXIX, 1863, p. 277 et suiv.; Napoléon III, p. 198 et suiv.; Rice Holmes, Ane. Br., p. 605 et suiv.
1. Il me paraît impossible de penser à un autre port que Douvres : outre que l'état des lieux correspond à la description de César (23, 2-3), Douvres est le principal port de débarquement sur cette côte, et les Bretons attendaient César au lieu habituel d'arrivée. — Pour Folkestone, Lewin, Invasion (cf., contra, Rice Holmes, p. 634-5).
2. 23, 2-3. Malgré montibus angustis [Castle Hill, Shakespeare's ClifT] mare continebatur, je ne pense pas que le sol de Douvres fût très dilTérent de ce qu'il est aujourd'hui : par mare César entend le rivage.
4. Cic, Ad Att., IV, 16, 13 : Mirificis molibus (se rapporte, il est vrai, à 54).
5. 23, 4. Entre Castle Hill et le South Foreland? cf. de Saulcy, p. 216; Rice Holmes, Ane. Britain, p. 315, 652-3.
7. 23, 6 : poussé par le vent du sud-ouest et le courant, cf. n. 8.
8. César débarqua à sept milles de Douvres, sur un terrain ouvert et plan, porté de Douvres par un bon vent (23, 6). La question est de savoir s'il s'agit d'un lieu à l'est de Douvres, Deal, ou à l'ouest. — J'opine sans hésiter pour Deal : 1" César dit progressas (23, 6), ce qu'il n'eût pas dit s'il avait navigué de Douvres
là qu'il décida de débarquer (à Walmer ? ') : s'il y avait un ennemi à combattre, ce serait sur terrain plan, face à face. — Les Barbares avaient suivi les mouvements de la flotte : grâce à leur cavalerie et à leurs chars de guerre, ils arrivèrent les premiers-, et poussèrent leurs chevaux sur la grève et les vagues, jusqu'au pied des plus gros vaisseaux '.
Les premières minutes du débarquement furent terribles : les légionnaires durent aussitôt sauter du haut des navires avec toutes leurs armes \ et, le corps enfoncé dans l'eau, les mains embarrassées, ne sachant où prendre pied% ils eurent à soutenir
vers le sud-ouest; cf. progredi, 23, 1; 2" le vent doit être le môme que celui qui Ta amené de Boulogne, Ouest ou Sud-Ouest (p. 341, n. 7, p. 356, n. 7); 3° il faut, à l'ouest, aller jusqu'à douze milles et non sept, pour trouver un lieu découvert, à Hyllie, et encore la plage est peu propre à un débarquement; 4° l'année suivante (p. 356, n. 7), César voulut débarquer au même endroit (V, 8, 3), le dépassa, et se trouva laisser l'île à gauche (Y, 8, 2), ce qui n'est pas possible avec une marche vers l'ouest; 5° César dit que la Tamise est à 80 milles de la côte (V, 11,8): ce chiffre n'est vrai qu'entre Deal et le point où il la traversa (p. 360); il ne s'explique pas depuis Hythe; 6° à 12 milles du camp, il rencontra (p. 357) une rivière, coulant entre des collines boisées (V, 9, 2, 3 et 4), non loin d'un carrefour important (V, il, 8) : on trouve cela à Canterbury, à 12 milles sur la route de Deal à la Tamise, on ne le trouve pas à la môme distance de Hythe, à Ashford par exemple; T Dion dit que César, pour débarquer, dut tourner un promontoire (axpav o-jv Tiva Tcpol/ouaav irEpiTtAe-Jcraç, XXXIX, 51, 2) : ce ne peut être que le South Foreland; S" César parle, à propos de son point de débarquement, d'une pars inferior de l'île, située vers le couchant (1V,28, 2) : il n'eût pas dit cela, s'il n'était débarqué au nord de ce cap; 9° le renversement du courant, l'après-midi, quelques jours avant la pleine lune, dans les parages de Douvres (p. 340, n. 5), amène un courant d'est et non d'ouest (argument beaucoup moins net). — Deal (y compris ses environs) a été accepté dès le Moyen Age (Nennius, éd. Mommsen, p. 162 : Dolobellus représenterait Deal; Geoffroy de Monmouth, ÏY, 3), et, depuis, sauf les attaques de la seconde moitié du xix^ siècle, a été adopté par la grande majorité : Camden, Mann, von Gœler, de Saulcy, Gucst, lieller, Na|)oléon III, van Kampeu, Rice Holmes, etc. — Pour Hythe, Lympne et le Uoinney Marsh : d'Anville, Méni. de VAc. des Inscr., XXVllI, p. 406 et suiv., Morel de Campennelle, Lewin, Appach, Malden, etc. — Les autres théories sont moins soutenables. — A l'ouest de Hythe, vers Pevensey : Airy et Ridgeway. — Au nord de Deal, à Cromer dans le Norfolk : Surtees, 1866, p. 14. — A Douvres : Mannert, II, 2'- éd., 1822, p. 38.