L'État de Cassi vellaun (V, 18, 1 ; H
à égale distance des trois mers; il touchait à la Tamise et à l'isthme de Reading, la route vitale de l'Angleterre ; le carrefour de Londres était à sa frontière '; en arrière, les collines boisées des Chiltern Hills lui servaient d'appui et de retraite ; ses terres formaient un plateau élevé, où abondaient les bonnes redoutes. Et il ressemblait à l'Etat éduen, qui dominait, du centre de la Gaule, les passages de l'Auxois, la route du Rhône et le confluent de Lyon-.
C'est au profit de cet Etat que se tentait alors l'unité de la Bretagne gauloise. La valeur de sa situation était accrue par le mérite de son chef, Cassivellaun ^ Ce fut un homme ambitieux, habile, fort brave, plus obstiné et plus avisé que la plupart des Gaulois du continent. Il avait conservé, comme ses voisins, l'usage des chars de guerre, et il sut utiliser cette vieille arme pour de rudes charges et de savantes manœuvres \ Depuis plusieurs années, à la tête de ses quelques mille essédaires, il s'était rendu redoutable à ses voisins et surtout aux Trinobantes, la nation rivale de la sienne : il avait tué leur roi, chassé son fils, réduit sans doute le pays et les hommes''. Lin robuste empire naissait sur les bords de la Tamise. — César se hâta d'exploiter les haines qu'il suscitait. Le fils du roi vaincu, Mandubrac, s'était réfugié sur le continent, réclamant les secours de Rome : le proconsul le ramena avec lui pour le rendre à son peuple et se faire aider de l'un et de l'autre".
Toutes ces précautions prises, la campagne, le premier jour, ressembla à un triomphe. Au lever du soleil \ à la vue de ces