‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 448 sur 776 · V, 11, 8-'J; Dion, XL · texte numérisé non relu

V, 11, 8-'J; Dion, XL

épouvantés, lançaient les javelines, s'échappaient avant qu'on pût les atteindre, et, après le passage de la charge, les Romains n'avaient plus qu'à compter leurs morts. On essaya bien, tout d'abord, d'envoyer derrière eux les escadrons gaulois. Mais les Bretons se laissaient pourchasser; et, quand ils avaient isolé leurs adversaires du gros de l'armée, ils s'arrêtaient, sautaient à terre, et la lance ou la javeline jetaient vite à bas le cavalier ou sa monture. Cette brillante cavalerie amenée de Gaule devint inutile : César lui ordonna de garder le contact des légions, à celles-ci de demeurer groupées; et l'armée romaine n'avança plus que lentement, massée comme un troupeau qui fuit l'orage, guettée à tous les sentiers qui croisaient son chemin, traquée à tous les bouquets d'arbres qui le bordaient. Et. devant elle, l'ennemi disparaissait, et faisait disparaître bestiaux et vivres'.

Elle avança en dépit de tout, soutenue à chaque étape par quelque succès ^ On passa la Tamise à gué, malgré les démonstrations de l'ennemi et les pieux dissimulés dans le courant (à Brentford?)'. On entra alors sur le territoire de Cassivellaun^; les Trinobantes se détachèrent de lui, reprirent leur roi (les mains de César, et nourrirent son armée ; d'autres

1. V, 15, 10, 17, 19; Dion, XL, 2, 4; '.], 1. César parlait de ces cavaliers et essédaires dans une lettre à Cicéron : Mulla millia eqaituin aliiue esscdariorum habcl (Cassivellaun); Servius [Junius Philargyrus] ad G., 111, 204, Thilo.

2. Voici, hy|)Olhéti(iuement, le détail de la marche avant la Tamise, marche qui suit, je crois, la Watling Street : le \" jour, rencontre de l'ennemi au carrefour de Canterbury (V, 11, 8), combats le long des forêts et des collines, de Ganterbury à Preston, prés Faversham? (V, 15, 1 et 2), camp à la sortie des bois, vers Ospringe? (V, 15, 3), et vicient combat à cet endroit {V, 1"), 3-5; 10); le 2" jour, légers combats le malin dans la traversée des collines, de Ospringe aux approches de Hainhara? bataille l'après-midi dans les pâturages de Hainliam ou de Chatham? (V, 17, 1-4); 'i" jour, on arrive en pays découvert, non loin de la Tamise'? et on cesse dètrc inquiété (V, 17, 5). On a dû arriver au gué le 5' ou le 0" jour. La marche se place du 3 au 8 août au plus tôt, et peut-être seulement a[)rés le départ de la lettre de Cicéron le 8 août (p. 359, n. i)?

3. V, 18; Dion, XL, 3; Orose, VI, 9, 0-7; on parle même (Polyen, Vlll, 23, Ti) d'un éléphant amené par César, ([ui aurait elTrayé les indigènes. — Sur le gué du passage, d'ailleurs incertain, cf. Sharpe, lirrgaiit-forda, Hrenlford, 1904, champiou de Hrenlford, el Mice llnlnii's, (pii le suit, p. 344, 092-S; en dernier lieu, contre Sharpe, Haring, Tlw Eitijl. hisl. Ilev., ocl. 1907, p. 725 el suiv.

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nations suivironl leur exemple'. On put continuer à marcher vers le nord-, et on trouva, au milieu des bois et des marécages, le grand refuge de Cassivellaun, entouré de fossés et de palissades. Les légions, heureuses de rencontrer enfin quelque résistance, l'enlevèrent du premier élan, firent main basse sur quantité de bestiaux; mais le chef leur échappai

Pour délivrer ses terres, il lança contre le camp de la flotte, par derrière l'armée de César, les quatre rois et tous les guerriers du pays de Kent. L'attaque fut repoussée ^. Quand il eut perdu ses alliés, ses sujets, ses bestiaux et sa capitale, il songea enfin à se rendre. Mais ce fut en prenant ses précautions pour ne pas subir toute la loi du vainqueur. 11 s'adressa à Comm, l'ami de César et l'hùte des Bretons, et il obtint du proconsul, moyennant des otages et la promesse d'un tribut, la vie, la liberté, le retour dans ses États et la retraite des légions \ Ce Breton fut le plus heureux de tous les adversaires qu'ait rencontrés César; et, au demeurant, il ne tarda pas à devenir le véritable vainqueur : car, peu de jours après, il était à tout jamais délivré du Romain et délié de ses promesses.

Si le proconsul avait accepté de traiter, c'est qu'il ne pouvait continuer la guerre en automne, à cinquante lieues de ses A'aisseaux et de ses réserves ^ 11 avait même renoncé à hiverner en

2. V, 19. Route de Brentford à Saint-Albans par Ealing et Harrovv? Indication par César de locis impeditis ac silvestribus où se cache l'ennemi pour attaquer viis seinitisque les Romains dispersés in agros : peut-être s'agit-il surtout d'une attaque conduite, hors des bois et collines de Harrow Weaid et au delà, sur les cavaliers répandus dans le pays de Harrow?

3. V, 21, 2-6; Dion, XL, 3, 2; Orose, VI, 9, 9. Verulamium près de Saint- Albans? cf. The (irchœol. Journal, XXII, 1865, p. 299 et suiv. Autres hypothèses, combattues par Rice Holmes, p. 701 et suiv.

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