‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 455 sur 776 · CL Florus, I, 45 [lll · texte numérisé non relu

CL Florus, I, 45 [lll

nant, sauf les quelques milliers de cavaliers qui accompagnent César, elle demeure inactive, rongeant son frein, toujours prête à s'élancer pour le combat. Aussi, quand finissaient les mauvais jours de février, le proconsul se demandait avec inquiétude ce qui allait sortir des bourgades gauloises'.

De fait, cbaque année, il eut quelque attaque à écarter ou quelque précaution à prendre. En 58, il se débarrasse de Dumnorix et de son parti; en 57, ce sont les Belges que les Celtes appellent à leur secours; en 56, c'est autour des Armoricains que se groupent les insurgés; en 55, César empêche l'alliance des Germains avec les peuplades mécontentes; en 54, il contient les Trévires de la Moselle, et il laisse égorger Dumnorix^.

Ce qui fit échouer ces conjurations et ces révoltes, c'est d'abord qu'elles furent l'œuvre ou d'un seul parti ou d'une seule région. Les Belges et Dumnorix, en 57 et 58, ont travaillé surtout en faveur des tyrans; Trévires, Belges et Armoricains ne représentaient qu'une fraction de la contrée, et la plus lointaine. Ils étaient en dehors de la vieille et de la vraie Gaule, cette Celtique qui étageait ses vastes peuplades sur les pentes du massif Central et dans les vallées des grands fleuves : celle-ci, l'héritière d'Ambigat, de Luern, de Bituit et de Celtill, la souveraine des cités antiques et célèbres, Bibracte, Alésia, Avaricum et Gergovie, la maîtresse des plus hauts lieux et des ombilics sacrés, la patrie soumise aux druides \ était encore indilTérente à la cause de la liberté. Arvernes, Eduens, Carnutes, Bituriges et Sénons demeuraient les alliés intéressés de César ou ses auxiliaires humiliés. Eux seuls cependant pouvaient donner Je signal que tous les peuples entendraient, soit les Eduens, qui tenaient alors le principal'*, soit les Carnutes, dépositaires des

2. P. 200-211; p. 217; p. 290 el :M)I; p. 321 oL :J2.j; [). :!50-l ; [). :\")2 et suiv.

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