Cf. V
vrer\ Peu lui importaient les moyens. Gloire et franchise lui parurent, en face de César, de vaines formules. Pendant quatre ans, il servit les Romains sans se plaindre, il les endormit dans la sécurité, et, quand il les eut attirés chez lui, confiants et à demi désarmés, il les égorgea avec une sorte de volupté-. D'ailleurs, éloquent, habile à tisser les mensonges, fort intelligent, sachant à merveille l'art de disposer et de cacher une armée ^ d'une rapidité de mouvements à étonner César lui-même, qui le poursuivit souvent et ne l'atteignit jamais \ et enfin, plein d'un sauvage amour pour sa liberté d'homme, préférant à tout pacte de soumission la lutte sauvage dans les bois, la vie hors la loi, les dangers des nuits solitaires ', c'est l'énergie la plus puissante qui se soit heurtée à la fortune de César, j'excepte Caton d'Utique.
Qu'on ajoute à la force personnelle d'Ambiorix la valeur des hommes qui l'entourent : ses Éburons à lui \ ceux du roi Catuvolc, obligé de le suivre ^ ; les autres tribus de la Meuse et des Ardennes, prêtes à marcher sous ses ordres, et qui peuvent fournir avec les siennes 40 000 combattants*; les survivants des Nerviens et des Aduatiques, ardents à se venger malgré leur faiblesse, et que renforçaient les jeunes gens arrivés à l'âge d'homme depuis l'année de la défaite"; les Morins et les Ménapes, demeurés insoumis dans leurs marécages'"; et, de l'autre côté du Rhin, les Germains humiliés par César en 55 et