V, 26, 2-3; Dion, XL
2. V, 2G. 2; 28,3. Tongres est au centre d'une région fromentière (cf. VI, 33 4; 36, 2).
que la Gaule s'était soulevée, que ce jour-là même, sur un plan arrêté d'avance, toutes les garnisons étaient assiégées à la fois, et que, dans deux jours, des bandes de Germains, louées à cet effet, viendraient se joindre aux Gaulois. Pour lui, il aimait César son bienfaiteur et Sabinus son hôte, il voulait sauver les légions; et il offrait aux légats de conduire leur armée, saine et sauve, soit au camp de Labiénus, soit à celui de Cicéron, à quelque cinquante milles de là. — Cet extraordinaire discours fut transmis au conseil de guerre ^
La ruse d'Ambiorix était aussi grossière que sa tentative sur le camp. C'est ce que semblent avoir aussitôt reconnu le légat Cotta et la majorité des officiers. — Les usages d'une armée -romaine, dirent-ils, étaient constants en pareil cas : il ne fallait pas sortir du camp sans l'ordre de César, d'autant plus que derrière ces remparts, les légionnaires n'avaient rien à craindre ni de la force ni de la famine ^
Mais Sabinus, nature faible et timorée, se laissa envahir par le doute et l'angoisse, et il perdit à la fois la raison et le courage. Il crut l'ennemi sur parole, la Gaule soulevée, toutes les garnisons bloquées, et César parti; il se vit seul, à quelques milles du Rhin, enveloppé de multitudes, affamé jusqu'à la mort. Il n'eut plus que la pensée de s'échapper. Et il le dit au conseiP.
On résista durement à ces paroles d'imprudence et de lâcheté. Sabinus s'entêta. La colère, à cet instant de demi-folie, s'empara très vite de lui. Il cria de manière à être entendu des soldats et ■à provoquer l'émeute. Les deux légats furent sur le point d'en venir aux mains. Pour éviter le scandale, on finit [)ar céder. Et on décida la retraite^ dans la direction de Labiénus ^