‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 470 sur 776 · V, 31, G; 33, 3 et · texte numérisé non relu

V, 31, G; 33, 3 et

3. V, 32, 1. La route du camp de Labiénus, vers le sud-ouest (cf. p. 378, n. 5), ne peut être que la vieille chaussée dite « cliaussée verte » ou de Huy (Hooische katzy), qui passe le Geer (Jeker) un peu au delà de Koninxlieim.

4. Les Romains, au 4" kilomètre, le Geer passé, commencent à monter, ascensu; ils sont dans un large vallon, inagnam convallcin, dominé par des hauteurs boisées (Y, 32, 1-2). Us sont, semble-t-il, dans le bas-fond du Geer, dans le vallon de Lowaige; les Barbares, dans les collines qui le dominent, aujourd'hui dénudées, autrefois boisées : et il est curieux de remarquer que ces bois, la forêt de Russon (silva Rutis), étaient célèbres par leurs embûches dans les légendes chrétiennes {Vila s. Evermari, Acla sanctoruin, l" mai, I, p. 124 et 127). — Cet emplacement du combat a été bien indiqué par Driesen (Bulletins de l'Acad. ... de Belgique, XXXII' a., II» s., XV, 1863, p. 476 et s ; id., \Vl, p. 221 et suiv.; d'après lui, Creuly, Carte, p. 37 et suiv., Napoléon lll, p. 227). — Ceux-ci font suivre aux Romains la rive g-nuche du Geer, et y placent l'attaque, entre Koninxheim et Lowaige : il me semble qu'ils n'ont pu suivre ce bas-fond, plus ou moins marécageux, et qu'ils ont dû franchir le Geer après Koninxheim, et alors, par la vieille chaussée (ici, n. 3), commencer à monter, puis être attaqués aux carrefours des sentiers de Russon à Lowaige, et c'est d'ailleurs de ce côté que les textes du Moyen Age placent la forêt terrible. Évidemment, les expressions de César sont un peu fortes pour ce pays et font songer à un sol plus accidenté. Mais, outre le comblement des terres de la vallée et la mise en culture générale du pays après défrichement, n'oublions pas que César décrit par oui-dire, et que dans ces cas d'attaque subite le soldat exagère toujours l'impression que lui font les difficultés du terrain. — Avant Driesen, on songeait surtout au vallon de Freeren sur la route de Liège (Fuss, Recherches, etc., Bulletin de la Soc. scient, et littcr. du Limbourg, Tongres, II, 1854, p. 175). — Sur l'origine du récit de César, Adami, Lieyl der Schilderung... der Bericht eines Augenzeugen zu Grande? (progr. de Lambach, 1903) : il viendrait du rapport de Q. Junius (p. 309, n. 4).

qu'Ambiorix attendait ses victimes. Quand la plus grande partie de l'armée se fut engagée dans l'étau de l'ennemi, les Eburons s'élancèrent d'en haut sur les flancs et surl'avant-garde.

L'imprévu de Fattaque, la fatigue de la nuit, l'énervement des querelles, la fin soudaine de leurs illusions, tout entraîna soldats et officiers à une funeste panique : Sabinus ne fit que s'agiter en ordres incohérents, et les soldats coururent d'abord aux bagages, -pour mettre leurs trésors en sûreté. Une lamentable clameur sortait de l'armée romaine', signe avant-coureur de la défaite et du massacre.

Cotta faillit cependant la sauver. Il ne fut pas étonné de la trahison et garda tout son sang-froid : il fit son devoir de chef et son métier de soldat, courant d'une troupe à l'autre, haranguant les hommes, chargeant l'ennemi-. A la fin, on parvint à dégager les cohortes de la file des bagages, et à les grouper en carré, face de tous côtés aux assaillants ■'. L'armée se retrouva massée, se serrant les coudes, présentant à l'adversaire ses lignes continues de boucliers, d'épées et de javelots*. C'étaient les chances de salut qui revenaient.

Les hommes d'Ambiorix hésitèrent, semble-t-il, devant le spectacle menaçant de la légion reformée'' : car ils n'ignoraient pas sa force de résistance et les dangers de son oITensive. Maintenus en avant par leurs chefs, ils pressèrent de plus près les Romains. Alors, quelques cohortes se détachèrent de la m:issc, firent brèche dans le cercle ennemi, et, partout où elles s'élançaient, il tombait devant elles des corps en nombre. L'espoir d'une victoire apparut chez les Uomains^

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