‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 632 sur 776 · VII, 63,9; cf. p. 480 et · texte numérisé non relu

VII, 63,9; cf. p. 480 et

liberté restaurée. Depuis^ plus d'un demi-siècle, l'activité gauloise s'était concentrée sur la lutte pour le premier rang. Le noble le voulait dans sa cité, la cité dans la Gaule, le chef dans les combats, le brave dans les banquets, et le- prêtre parmi les druides '. D'une frontière à l'.autre de la contrée, le mot de « principat » dominait les pensées ". Et, au milieu de cette crise suprême. Celtes et Belges songeaient moins à s'entendre pour être libres qu'à se battre pour être les premiers. — Il faut répéter, à la décharge des Gaulois, que Rome aida fortement à l'action dissolvante. Elle avait appuyé les Eduens contre les Arvernes, les Rèmes contre les Suessions, Diviciac contre Dumnouix'. Le sénat et les proconsuls ne cessèrent d'entretenir tous les conflits et d'éterniser l'ambition du premier rang. Et, à cette heure même où un vote unanime venait de le donner au roi des Arvernes, la politique de César, à défaut de ses légions, lui assura une première revanche.

Car les Eduens, déboutés de leurs prétentions, regrettèrent aussitôt le temps, si récent encore, où l'amitié de César leur garantissait la prééminence. Ils se résignèrent à obéir : mais ce ne fut qu'à contre-cœur \ Eporédorix et Viridomar ne jugèrent Vercingétorix que comme un maître imposé . On ne les verra jamais combattre avec le dévouement d'un Lucter ou d'un Drappès. Un seul excepté, Sur®, tous les chefs eduens vont faire piteuse figure : ils n'apparaîtront sur le champ de bataille que pour se faire vaincre et se laisser prendre'.

Nous ignorons quel fut leur rôle dans les conseils. J'imagine qu'il a été tout aussi misérable. Ces hommes, qui se plaignaient

2. Voyez combien de fois le mot principatus revient chez César : I, 3, 5; 31, 3; 43, 7; V, 3, 2; VI, 8, 9; 12, 6;,V1I, 4, 1; 39, 2; 63, 8.

Page 1