II. — PLAN DE CAMPAGNE DE VERCINGÉTORIX
Tout entier à de grandioses desseins, Vercingétorix donnait des ordres et exposait ses plans.
Comme gage et sanction de la fédération gauloise, il imposa des otages aux cités ' : c'était la coutume traditionnelle en cas de coalition. Puis il fixa le chiffre des contingents militaires. Les nations alliées devaient lui envoyer, le plus tôt possible, toute la cavalerie disponible, soit 15 000 hommes 2; en fait d'infanterie, il ne voulut rien : les 80 000 fantassins de Gergovie lui suffisaient ^ — En cela, une fois de plus, Vercingétorix montrait son bon sens de général. Ces 80 000 fantassins étaient ceux qu'il avait levés au début de la guerre ou qui étaient venus combler les vides faits durant le siège d'Avaricum. Choisis parmi les Arvernes et ses alliés de la première heure, il faisait fonds sur leur fidélité. Il les avait, six mois durant, formés à l'obéissance et aux pratiques de la guerre savante; ils renfermaient des tireurs nombreux, des terrassiers exercés, ils savaient défendre une ville, assaillir un camp et construire un retranchement*. C'était la meilleure armée de pied que la Celtique eût encore mise en ligne. Tout ce qu'elle lui enverrait de plus ne serait, jusqu'à nouvel ordre, qu'une encombrante cohue. -'
Comme plan de campagne, Vercingétorix reprit celui de l'hiver, mais largement agrandi. Il avait voulu retenir César en Narbonnaise : il voulait maintenant l'y ramener. Pour cela, il prépara l'invasion générale de la Province. De Genève à Toulouse, la frontière devait être assaillie de toutes parts. Les Eduens et les Ségusiaves furent chargés d'attaquer les habitants du Dau-
1. 04, 1 (diemfjuc'? je n'accepte pas les correctious decimum dioin ou dicm XVl proposées par Mommsen ou d'autres).