LA RETRAITE SUR ALÉSIA
positions de paix. Les passions nationales étaient trop ardentes pour s'éteindre à la première défaite, et, après comme avant la bataille, elles restèrent vives et fortes autour du chef qui les avait excitées*. Et que les Gaulois ne se soient point hâtés de désespérer, ce fut une nouvelle victoire à l'actif de Vercingétorix.
Lui-même, au surplus, en appelait de la défaite, et ce n'est pas en vaincu qu'il attendait César. De vastes retranchements avaient été bâtis sur les plates-formes et les terrasses qui flanquent en contre-bas la ville d'Alésia : ce fut là qu'il établit les camps de son armée, avec ordre formel de ne point se réfugier derrière les remparts de la cité". Et il laissa même sa cavalerie circuler dans la plaine, au pied de la montagne, sans crainte du vainqueur^.
On a dit* qu'il aurait pu faire mieux encore, ne pas s'enfermer dans Alésia, tenir la campagne avec ses escadrons, essayer d'affamer César, reprendre le plan interrompu par la bataille. Mais on oublie que la situation avait changé : c'était César qui disposait maintenant des routes et du terrain, et il ne lui laissa pas le choix entre une guerre d'escarmouches et la retraite en lieu sur. Vercingétorix n'échappa à la poursuite que parce qu'il eut Alésia à sa portée, et il est probable que si elle était si bien fortifiée, c'est parce qu'à tout hasard il s'y était préparé un refuge ^ C'est miracle qu'il ait pu s'y retirer à temps, et il ne pouvait faire autre chose.
Le Romain arriva devant la place le lendemain même de la