‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 654 sur 776 · Millia hominum délecta LXXX; 71, 3; cf. p · texte numérisé non relu

Millia hominum délecta LXXX; 71, 3; cf. p

2. Obtestatur, etc., 71, 3. — Suivant une hypotlièse de S. Reinach {Cultes, III, p. 124 et suiv., écrit en 1906), Vercingétorix aurait renvoyé tous ses chevaux, parce qu' « il ne lui venait pas à l'esprit qu'un Gaulois put manger de la viande de cheval ». C'est fort plausible.

3. Vil, 71, 5 : ils passèrent qiia nostrum opus erat intermissum, sans doute par la plaine des Laumes, puisque le fait du combat (p. 506) indique qu'il n'y avait pas encore là une ligne continue de travaux. De même, à Issolu, p. 538.

4. 71, 4, 6-9. — On a très souvent douté qu'Alise, avec ses 97 hectares (140 avec les terrasses et contre-forts), pût renfermer 100 000 hommes, soit les 80 000 soldats et 20 000 indigènes (ce dernier chiffre supposé), et, en outre, magna copia pecoris (71, 7). Mais il s'agit de circonstances exceptionnellement graves, où on a pu et dû accepter un tel entassement; « ces sortes d'entassements n'ont rien d'inusité chez les peuples peu civilisés » (d'Aumale, Revue, p. 141); voyez de même à Namur, p. 270, n. 2.

5. Sur les travaux et les batailles devant Alésia, on consultera avec fruit, outre les écrits modernes, la vive polémique entre de Folard {Hist. de Polybe, II, 1727, p. 463 et suiv.), Guischardt et Lo-Looz au xyiii^ siècle (cf. p. 503, note).

6. Diodore. IV. 19, 2 : 'Aiidp6T,-04 [Aî/pt -oO xaô' r,ti.âc; -/pdvou.

Le siège n'offrait pas, comme à Gergovie, d'insurmontables difficultés. A la rigueur, les Romains auraient pu tenter l'attaque directe par l'escalade ' ou même par la terrasse d'approche -. Le plateau qui porte Alésia s'élève à 418 mètres de hauteur, à 150 mètres seulement au-dessus des vallées environnantes, et les pentes offrent rarement ces parois glissantes ou ces terribles raidillons qui furent la principale protection de la cité arverne. De plus, le mont d'Alésia communique avec les collines voisines par un seuil élevé, aplani, assez large pour soutenir un boulevard pareil à celui que César bâtit devant Avaricum^ Mais le proconsul ne voulait plus risquer ses hommes, ses dernières réserves de vieux centurions \ et à tous les systèmes de siège il préféra celui du blocus ^

AlésiçL s'y prêtait d'elle-même. Elle est faite, si je peux dire, pour êlre investie. La nature l'a bâtie dans un superbe isolement, et c'était peut-être cette majestueuse attitude qui avait séduit les hommes et qui lui valait la gloire d'une cité sainte". Droite, bien campée, sans contre-fort qui gêne ses abords ou cache sa vue, la montagne d'Alise surgit du milieu des vallons, seule et indépendante ^ : au nord et au sud, deux ruisseaux détachent sa base des terres d'à côté*; au couchant, la vaste plaine des Laumes

1. Par exemple, lors de la défaite de la cavalerie (p. 506) : il fut, ce jour-là, plus prudent qu'à Gergovie.

2. Par exemple sur le seuil du mont Pévenel, où la différence de niveau aver le plateau n'est que de cinquante mètres, et qui se présente avec une largeur très suffisante. Et c'est pour cela que Vercingétorix avait ajouté des défenses aux abords de ce seuil (p. 505, n. 2), comme il l'avait fait aux abords du seuil de Gergovie (p. 468 et 473), et comme l'avaient fait les Adualiques aux abords du seuil de Namur (p. 271). — Tout cela a déjà été bien vu par d'Anville, p. 457 : « C'est le côté faible ».

4. Cela sera désormais très visible, cf. p. 182-3. Évidemment, César exagère un peu la bauteur d'Alise (in colle summo, admodum édita loco, 69, 1) : peut-être répond-il à quel<|ue reproche de n'avoir pas brusqué les choses.

Page 1