TRAVAUX DE CESAR DEVANT ALESIA. 5H
(lait un terrain vague, où l'œil n'apercevait d'abord aucune trace de défenses. Là, les obtacles se cachaient à fleur de terre : crochets ou hameçons de fer plantés dans le sol pour servir de cluiusse-trapes ', trous de loups d'où émergeaient de gros pieux taillés en pointe, faits pour empaler un homme sous le poids de sa chut*-; chevaux de frise ou ronces artificielles, formées de branches aiguisées qui couraient sur le sol, et où s'enchevêtreraient les pieds des hommes et des bêtes ^ : on avait ainsi entassé, sur le chemin du rempart, toutes les ressources des pièges de guerre et de chasse. — Et enfin, c'était le rempart lui-même qui apparaissait, avec des défenses plus terribles encore : un remblai de terre, servant de muraille, haut de douze pieds*; sur le remblai, une palissade continue % faite de pieux de bois ou de pointes de fer% et renforcée d'une cuirasse de clayons, à merlons et créneaux^; au bas et en avant de cette palissade, d'autres pointes, tournées vers le dehors * : qu'on se figure un hérisson monstrueux, regardant sans cesse vers
posée, passas au lieu de pedes (Guischardt, I, p. 233; van Kampen, pi. 13; Rice Holmes, p. 787). Et la conjecture est justifiée en outre par le xpia arâSia de la version grecque des Commentaires.
i. VII, 73, 9 : taleee ou taliœ, tiges de fer, longues d'un pied, auxquelles étaient fixés des hameçons de fer, et cachées en terre. On appelait ces pièges stimuli. — On en a trouvé; Napoléon, pi. 27 et p. 343. — C'est l'équivalent des mariées ferrei (Valère-Maxime, III, 7, 2) ou des tribuli (Végéce, III, 24).
2. VII, 73. 5-8; Dion, XL, 40, 5 et 6 ; trous en entonnoir de trois pieds, où l'on enfonçait des pieux gros comme la cuisse; dans ces trous, de la terre foulée; les pieux émergeant de quatre doigts, mais dissimulés sous des joncs et des branchages; huit rangs de trous disposés en quinconce et séparés par un intervalle de trois pieds. C'était ce qu'on appelait des « lis », lilia. — Traces lors des fouilles; Napoléon, pi. 28 et p. 363.
3. 73, 2-4 : il s'agissait de troncs d'arbres ou gros rameaux pourvus de branches taillées en pointe, troncs enfoncés en terre, leurs branches faisant saillie hors du sol; on en avait planté cinq rangs, disposés dans des fossés profonds de cinq pieds (un rang par fossé? Napoléon III, p. 342, plutôt que cinq rangs dans un seul fossé? Rice Holmes, p. 789), mais assez rapprochés pour que les branches s'enchevêtrassent de manière à former haie. César appelle cela cippi ; le mot est à conserver, cf. C. gloss. Lat., II, p. 100, 53 : Cippus, v.op\i.Q(;.