Cf
Le proconsul acheva son double retranchement. Il ne fut plus obligé de disséminer les cohortes à la recherche des matériaux. Pour leur éviter le danger des courses lointaines, il rassembla le fourrage et le blé nécessaires à un mois d'entretien, et il défendit qu'on sortit des lignes'. Les rations furent strictement mesurées^, et les souffrances de la faim commencèrent pour les légions ^
Dans Alésia, elles devenaient intolérables. On avait du blé pour un mois. Vercingétorix le fit durer plus encore*. Près de cent mille hommes ^ s'entassaient dans la ville, soldats et habitants, massés et serrés comme des bestiaux dans un parc, ne songeant qu'à ne point mourir de faim. Aucune nouvelle, aucune espérance ne parvenait du dehors. Les assiégés virent arriver la date fixée à l'armée de secours, et ils la virent passer sans qu'aucune troupe ne parût à l'horizon ^ Une journée vint, où le blô manqua. C'était la mort à brève échéance ^ Le conseil des chefs fut convoqué \
Quelques-uns parlèrent de se rendre. D'autres songeaient à une sortie en masse. La résolution la plus sage, quoique la plus dure, était d'attendre à tout prix. L'Arverne Critognat la défendit dans un discours d'une sauvage éloquence. — Il montra que la sortie et la bataille n'avaient, d'un acte de bravoure, que l'apparence ; il traita ses compagnons comme Vercingétorix avait traité devant Avaricum ses soldats impatients de combattre' : c'était faire preuve de lâcheté que de ne savoir