LES DEUX PUEMIKHS COMBATS
fossés qui bordaient le rempart '. — Au début, l'armée de secours alla presque aussi vite. Devant le fossé extérieur, un combat «\ distance s'engagea entre les frondeurs ou les archers gaulois et les machines de l'artillerie romaine". Les Barbares l'emportèrent, grâce au nombre de leurs tireurs : le fossé fut franchie Mais ils entrèrent alors dans le champ des pièges, qu'ils ne prévoyaient pas : les premiers rangs furent décimés par ces engins invisibles, la surprise et la crainte troublèrent les Gaulois, l'artillerie romaine, secourue par les postes des redoutes voisines, redoubla d'efforts, et les plus avancés des assaillants tombèrent sous les coups des javelots de forteresse *. Le jour se leva sur cette scène de lutte et de désordre : les Barbares virent devant eux la muraille intacte, et, des deux côtés de la plaine, les hauteurs garnies de légionnaires. Et ceux-ci, comme iuicune diversion ne menaçait les camps des collines, étaient prêts à se déverser sur les flancs de l'ennemi. Les Gaulois s'épouvantèrent à la pensée d'être enveloppés, et ils se bâtèrent il'abandonner le combat". — Yercingétorix et les siens durent se retirer à leur tour, et ils reprirent une seconde fois le chemin d'Alésia, sans avoij pu faire brèche dans la muraille «le César*.
1. Priorcs fossas (cf. p. 512, n. 4) : le pluriel pour le singulier. Ce fossé étant rempli d'eau, on s'explique que cette opération ait duré diiuius (82, 3 et 4). — Sur ce priores, très discuté dès le xvin* siècle, voyez en dernier lieu Rice Holmes, p. 791-2.
2. 81, 2, 4- et 5 : les flèches et frondes des Gaulois pouvaient donc porter à 400 pieds et davantage (p. 510, n. 4).
3. César ne le dit pas et ne parle pas de ce fossé extérieur (cf. p. 510, n. 3); mais sa présence et son comblement résultent, à ce qu'il me semble, de ce que César dit que les Gaulois ont eu d'abord l'avantage (82, 1), qu'ils se sont avancés ensuite jusqu'à la zone des pièges (id.), et de l'expression de crates projicere, qui suppose bien une manœuvre pour passer un fossé.
5. 82, 2 : Veriti ne latere aperto [à leur droite, les principaux camps sont en effet à la droite des Barbares, sur la montagne de Flavigny, p. 510, n. 1, p. 509, n. 6] ex superioribus castris eruptione circumvenirentur , etc.