‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 673 sur 776 · X. — LA DERNIÈRE BATAILLE D'ALESIA · texte numérisé non relu

X. — LA DERNIÈRE BATAILLE D'ALESIA

Les quatre chefs et leur conseil se résolurent enfin à un peu de prudence et à un plan réfléchi. Ils firent venir les gens du pays, et s'informèrent au sujet des travaux de César'. On leur apprit que, sur leur gauche, les défenses étaient beaucoup moins fortes : il y avait là un gros éperon montagneux (le mont Réa), que le proconsul n'avait pu comprendre dans ses lignes : il s'était borné à les faire passer à rai-hauteur, en contre-bas du sommets et sans doute, vu la nature du terrain, les fossés et la bande des pièges étaient-ils là moins larges et moins fournis \ C'était le point souhaité pour une attaque sérieuse : on en chargea 60 000 hommes, les meilleurs soldats de l'armée, commandés par Vercassivellaun, le cousin de VercingétorixS

L'Arverne manœuvra fort bien, à l'insu de César. Il partit dans la nuit ^ fit un long détour (par les vallées de la Brenne et du ru d'Eringes?), reposa ses troupes le matin % et, à midi,

2. Erat a septentrionibus collis, quem propter magniiiidinem circiiitus [le pied du mont Héa est à GOO mètres du pied du mont Auxois, le rebord du sommet à 2000 de celui du plateau, tandis que, pour les autres collines, la distance n'est que de 1300 mètres, cf. p. 509, n. 2] opère circumplecti non potuerant nostri [il devait y avoir seulement une redoute ou un poste de surveillance au sommet; Napoléon, pi. 25 et 28, n° 22] : necessario pœne iniqiio loco et leniter dedivi castra fecerunt [les fouilles ont rencontré le camp romain sur les premières petites du mont Réa, au delà de rOze, à droite du sentier qui la traverse; Napoléon, p. 357-8, pL 28, camp D]; VH, 83, 2. — L'endroit est si nettement indiqué par César qu'on a reconnu, dès le jour où on a voulu étudier la bataille sur le terrain, le mont Uéa (d'Anville, p. 471; Guischardt, IH, p. 506; du Mesnil, p. 629; de Coynart, 2' mém., p. 258; (l'Aumale, Berne, p. 137-9; Napoléon IH, p. 349). — C'est tout à fait à tort qu'on a proposé la montagne de Bussy (von Gœler, 1" éd., p. 80 [la 2' éd., p. 320, accepte le mont Réa]; Nrtie Jahrbuche'r fur Pliil., C.\X, 1879, j). 175).

3. Cela expli(iuerait la rapidité des premières opérations de Vercassivellaun (85, 6; p. 525 et 527). — Il y a eu sur ce point, évidemment, « une négligence de la part de César >> (du Mesnil, [). 629).

4. 83, 4-G : comme on prit ces hommes dans les cités les plus braves, et qu'on y trouve Arvernes et Lémoviques (88, 4), il est possible qu'on ait choisi les contingents des peuples insurgés du premier ban (p. 415-6j.

0. 83, 7. La route est bien indiiiuée par du Mesnil (p. 620), de Coynart (2" mém., p. 2.58), etc. Le chef a dû se cacher et se reposer dans le bassin, en contre-bas dea

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heure fixée, apparut sur le sommet du mont lléa, par-dessus les lignes romaines'. A la même lieure, ce qui restait de cavaliers gaulois s'approchèrent des fossés de la plaine ^ et les 200 000 fantassins se montrèrent sur les flancs des hauteurs de iMussy, prêts à assaillir le reste des retranchements \ L'attaque serait plus forte sur le mont Réa : mais elle serait générale \ A ce plan il n'y avait rien à redire. — Vercingétorix y répondit aussitôt avec sa décision coutumière. Pour la troisième fois, il descendit avec ses hommes, et les mena contre les lignes de la plaine des Laumes% entamées les journées précédentes*. — Et, sur ces deux points, le fort du combat s'engagea'.

Au mont Réa, Vercassivellaun réussit le premier à faire quelque chose. Sous la terre que jetaient ses hommes, les fossés et les défenses extérieures disparurent, comblés et nivelés par cette multitude apportant et entassant des matériaux sans relâche ^ Pour une besogne de ce genre, le nombre était le principal, et les légionnaires, tenus en respect par les archers ennemis, ne pouvaient arrêter cette foule*. — Dans la plaine, Vercingétorix avait plus à faire. Il touchait au rempart, mais celui-ci tenait bon, et les légionnaires, malgré leur fatigue, ne rompaient pasl^

César, des pentes de la montagne de Flavigny, suivait des

collines, qui termine la vallée d'Éringes (de Coynart, id.; d'Anville, p. 471, préfère Lucenay, qui est plus loin), puis monter au mont Réa par le sentier de la voie romaine.

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