VIII
10. 54, 3; 54, 5; Suét., C, 30, 1. — Pétrone (122, vers 144 et suiv.) fait franchir à César les Alpes Grées, le Petit Saint-Bernard. « Il vint à Mongiu », dit Jehan de Tuim, p. 8 : mons Jovis, le Grand Saint-Bernard (t. I, p. 48, n. 2)?
province proclamée, il n'avait plus qu'à licencier son armée. Le jour vint (6 décembre 30 ?) où le sénat lui en intima l'ordre'. C'était, pour lui, redevenir simple citoyen, et, après des années de pouvoir souverain, recommencer une vie de candidat. Il est vrai que c'était la loi romaine, celle à laquelle tant d'autres s'étaient soumis, et Pompée lui-même. Mais ce courage et cette vertu manquèrent à César.
Une nuit d'hiver (16-17 décembre?), il franchit le Rubicon à la tête de la XIIP légion, et, au delà des Alpes, les autres troupes se mirent en mouvement pour rejoindre leur proconsul ^
Lorsque les Gaulois virent partir les légions qui les avaient si longtemps maîtrisés, des pensées d'espérance agitèrent les plus obstinés. On raconta que les druides et les bardes ébauchèrent un dernier soulèvement, qu'ils essayèrent de faire parler les dieux, que desvictimeshumainesfurent immolées, préludesde glorieuses résolutions'. Mais ce n'étaient cette fois que gestes de prêtres et rêveries de poètes. Aucune tribu ne se leva, aucun chef célèbre n'apparut. César avait, évidemment, pris ses mesures. Les hommes les plus dangereux devaient être avec lui*, et je doute que la retraite des vieilles légions ait laissé les nations livrées à elles-mêmes : il les remplaça, je crois, par de nouvelles troupes ^ et d'énergiques officiers gouvernèrent le pays en son nom®. Le départ de César n'eut d'autre effet en Gaule que de faire constater la fin des temps de la conquête et les débuts du régime provincial.
1. Dion, XLI, 1 et 2; De 6. c, I, 1 et 2; etc. — Il s'agit des calendes de janvier du calendrier officiel : toutes nos dates sont ramenées au calendrier actuel d'après le système de Le Verrier. L'autre système (p. 350, n. 1) les recule de 23 jours.
2. Plutarque, C, 32; App., Civ., II, 34 et 35; etc. Je suppose les 11-12 janvier du calendrier officiel. — On a proposé d'autres dates. — Sur la chronoloj^ie de ces événements, entre autres : 0. E. Schmidt, Rh. Mus., n. s., XLVIl, 18"J2, p. 241 et suiv. ; le même, Briefweclisel; les ouvrages cités p. 573, n. C.