TV. — MARSEILLE RÉSISTE A CÉSAR
Contre le proconsul révolté, Caton décida le sénat à confier à Pompée les armées du peuple romain -.Aux ressources de l'Etat le vieil imperator réunit les amitiés et les clientèles innombrables qui depuis quarante ans s'étaient groupées autour de son nom dans le monde entier'. Et ce patronage universel, qui eût pu devenir le plus grand danger pour la République, servit entre ses mains à en retarder la chute.
César, sur le Rubicon, n'avait que la XIIP légion \ Mais Pompée, dont les forces principales se trouvaient en Espagne et en Orient, n'était pas en état de lui résister. Il se hâta de courir à Brindes afin de s'y embarquer pour la Grèce. Son adversaire essaya de le gagner de vitesse, et à travers toute l'Italie commença une des plus étonnantes chevauchées de César. Mais il arriva trop tard, et Pompée s'échappa, laissant à son rival Rome et l'Italie ^
César ne pouvait le suivre en Orient avant de s'être débarrassé de l'Espagne, qu'occupaient les légions pompéiennes*^. Il revint donc de Brindes à Rome\ de Rome au pied des Alpes*, pour atteindre ses adversaires par le littoral de Marseille et le col du Pertus (milieu de mars").
' 1. Bibliographie, t. I, p. 193, n. 1, p. 208, n. 1 ; en outre : von Goeler, 11, p. 26 et suiv. ; Stoiïel, Histoire de Jules César, Guerre Civile, I, 1887; Frœhner, Reoue archéologique, 1891, U, p. 321 et suiv.; Meusel, éd. du De bello civili, notes et p. 301-3. Voyez aussi, en particulier sur les travaux de siège, les discussions de de Folard, Lo-Looz, Guischardt (cf. p. 596, n. 3). — Sur les sources, p. 572, n. 11.
2. Plutarque, Pompée, 61 ; Caton, 52. Sur la nature des pouvoirs de Pompée et la date à laquelle il les reçut, en dernier lieu, Groebe ap. Drumann, III, p. 727 et suiv.