‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 742 sur 776 · De b. c, I · texte numérisé non relu

De b. c, I

5. Domitius entra à Marseille pendant le cours des négociations (De b. c, I, 36, 1 ; Jehan de Tuim, p. 48), et c'est ce fait, factiim Massiliensium luculentum, dont je crois que parle Cicéron dans, une lettre écrite le G avril (date rectifiée; .4 d Att., X, 12, 6; cf. Schmidt, p. 178) : il peut se placer par conséquent entre le 20 et le 25 mars (cf. p. 578, et p. 583, n. 2).

ses entreprises occidentales'. Elle ne pouvait plus se détourner de Rome, et avoir l'air de l'ignorer. Quel que fût le vainqueur, il considérerait cette neutralité comme une trahison.

Elle prit du moins le parti le plus digne, le plus conforme à ses traditions et aux devoirs de l'hellénisme. César était un rebelle contre les lois du peuple romain et les décrets du sénat. Marseille demeura l'alliée de ceux qui défendaient ces lois, ces décrets et la liberté de Rome. Tout ce qui dans le monde portait un nom grec, suivait la fortune de Pompée et de Caton. Cité aristocratique, la colonie de Phocée ne pouvait que combattre César, ennemi du sénat, dictateur militaire, complice des démagogues.

Il est probable que des motifs moins nobles contribuèrent aussi, à la résolution des Marseillais. César, après tout, les écartait de la Gaule, pour y installer les négociants italiens : il voulut ouvrir kl route du Grand Saint-Bernard ^ plus rapide que toutes celles qui passaient par Marseille ou le Rhône ; il était allé en Bretagne et en Germanie, comme Pythéas, il y avait conduit ses amis les chevaliers, grands brasseurs d'affaires ^ et il y chercha sans doute avec eux les marchés de l'étain et des denrées précieuses. Cet homme prépara, contre le commerce de Marseille, ce que les Phocéens avaient fait jadis contre celui de Carthage. En le combattant, les Grecs se vengeaient tout en défendant leur liberté. C'était la légitime rancune de l'hellénisme à qui César venait d'enlever les Gaules.

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