‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 743 sur 776 · T. I, p. 501 et suiv., t. m, p. 9 et suiv., p · texte numérisé non relu

T. I, p. 501 et suiv., t. m, p. 9 et suiv., p

LES DEBUTS DU SIE(îE. 581

vers l'Espagne, les (Irecs couperaient derrière lui les routes des Alpes et de l'Italie. Ils avaient avec eux Domitius, gouverneur légitime de la Gaule au nom du sénat, et si les Celtes et les Uelges, sans se révolter contre Rome, voulaient encore se venger de César, ils iraient à leur nouveau proconsul comme à leur chef naturel'. Par mer, les Marseillais s'entendaient déjà avec les Pompéiens, qui gardaient les îles et l'Afrique ^. Grâce à sa situation au centre de la Méditerranée et à la porte de la Gaule \ Marseille empêchait la concentration, sous les ordres de César, de toutes ces forces et de toutes ces terres de l'Occident qui, seules, lui permettraient de venir à bout de Pompée et de ses amis, maîtres de la Grèce, de l'Asie et de la mer. L'hésitation ne lui était point permise. Il décida, dès qu'il eut reçu la réponse des Grecs, d'assiéger leur ville jusqu'à complète soumission.

Marseille s'y attendait : elle se trouvait déjà prête pour résister au blocus ou à l'attaque. Elle avait manqué maintes fois, depuis deux siècles, de prudence et de bon sens*. Mais elle montra, en cet épisode qui fut le dernier et le plus beau de sa vie d'indépendance, une intelligence et un courage infinis. Elle se prépara à défendre cette vie aussi vaillamment qu'avaient fait Syracuse, Athènes et Corinthe. La cité de l'Occident fut digne à tous les égards de ses sœurs dans la patrie hellénique.

Vivant depuis l'origine au milieu de peuplades barbares, devant à ses murailles le meilleur de sa force et de sa confiance, la crainte d'un siège était sa pensée de tout instant et le fond de sa sagesse ^ Ni le philhellénisme des Celtes ni la paix romaine

1. D'autre part, si le sénat l'avait choisi, c'est parcg que^petit-flls du créaleur de la proviace de yarbonne^il avait, comme tous les Domitii, conservé des Tiens très étroits avec celte province (p. 38, n. 1, p. 63, n. 4, p. 282, n. 3), et c'est ce qui explique pourquoi, en 48, les chefs du contingent allobroge quittèrent César pour Pompée et Domitius {De b. c, 111, 59-60, cf. 79).

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