César, 1, 30 et 34 ; cf. p
4. T. I, p. 444-7, .30Ï-3, 518 et suiv., t. 111, p. 7 et suiv.
bS-2 LA CHUTE DE MARSEILLE.
imposée à la Provence ne lui avaient fait oublier ses traditions d'inquiétude et de prévoyance.
Dans ses greniers, les vivres s'entassaient en quantité suffisante : avant l'arrivée de César, elle acheta du blé chez les nations voisines, et il lui en arriva par mer de ses alliés d'Espagne'. Il y avait même, au fond de ses magasins, des réserves de seigle et de millet, qu'elle y avait accumulées dans les temps de péril gaulois *.
En fait d'armes et d'engins, rien ne lui manquait, ni flèches, ni balles de frondes, ni blocs de pierre, solives ou matières inflammables \ On n'ignorait sans doute à Marseille aucun des progrès que la balistique avait faits depuis les temps d'Alexandre, et il s'y trouvait des ingénieurs et des ouvriers aptes à en tirer parti *. Certaines machines étaient d'une force prodigieuse, pouvaient lancer d'énormes poutres capables d'écraser à la fois les charpentes des mantelets et les ennemis qui s'y tenaient à €0uvert^
Les hommes valaient les engins. Domitius, sur ses navires, avait amené quantité de pâtres et de paysans de la Toscane, farouches et braves. Des montagnards ligures de la Provence, tels que les Albiques de Riez, étaient descendus dans la ville pour se battre à la solde de leurs patrons de Marseille, et c'étaient de bons combattants, tireurs d'arc incomparables ^ Mais, surtout, Marseille comptait sur le cœur et les bras de ses ^i( citoyens, les plus aguerris de tous les Grecs'.
La ville, enfin, se prêtait merveilleusement à la défense •• Sur trois côtés, s'étendait la mer profonde, oîi les vaisseaux grecs