‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 754 sur 776 · Lucain, III · texte numérisé non relu

Lucain, III

rien ne s'opposait à ce qu'il déployât son habileté et sa vigueur, 'encadrée par ses rochers, ses îlots et ses promontoires, tlominée par la citadelle et le temple d'Artémis, la mer de Marseille offrait aux combattants ses eaux claires et aplanies '.

La Hotte de Brutus était inférieure par le nombre, le matériel et l'équipage de manœuvre : il n'avait que douze grands vaisseaux-, faits de poutres à peine dégrossies, lourds, massifs, difficiles à remuer, mal gréés, sans aucun de ces détails d'armement, savants et redoutables ^ où excellait le génie maritime des Grecs \ et il avait fallu recourir, pour les conduire, à de mauvais rameurs et à des pilotes de rencontre ^ En face d'eux s'agitaient la multitude des navires ennemis % légers, rapides, évoluant avec une étonnante souplesse, armés d'éperons aigus et pénétrants, dirigés par les plus habiles manœuvriers de la mer occidentale' : ce qui faisait ressembler les bâtiments de César, immobiles et massifs, aux corps morts de pontons désarmés. jMais ceux-ci reprendraient vie et avantage dans le combat au contact : Brutus avait sous ses ordres les meilleurs soldats des trois légions % et il semble que les Marseillais, désireux de ménager leurs forces nationales, aient surtout embarqué des auxiliaires, frondeurs, archers. Ligures et pâtres italiens*. La tactique de l'amiral romain consistera donc à provoquer un abordage, et celle des Grecs à harceler l'ennemi par un combat à distance.

Ceux-ci réussirent d'abord. Brutus avait rangé sa flotte en

1. Servaluiii bello jacuil mare, Lucain, 524. Je place la bataille sur la ligne entre Ratonneau et le cap Pinède.

2. César, 1, 57, 1 ; 36, 4; \j.t'(ibii tùv vewv, Dion, XLl, 21, 3.

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