‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 76 sur 776 · cr. p. 'm · texte numérisé non relu

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fort' qui a fait si souvent la loi au commerce de l'Europe cen-' traie : de là, les Helvètes donnaient la main, d'un coté aux Celtes de l'Empire arverne, et, de l'autre, à ceux du Danube ; et de là encore, dix cliemins rayonnaient au nord vers les plaines de la Dasse Allemagne, par les vallons de la Hesse et les défilés du Taunus. Si Celtes et Germains arrivaient à s'entendre, c'est en ce lieu que pourrait être le foyer de leur alliance. Mais pour le moment, comme il y a lutte entre ces deux groupes d'hommes, les Helvètes seront les premiers à souffrir : ils ont à redouter les Suèves de l'Elbe, qui grandissent et s'étendent, et les Cimbres errants, dont on prévoit le retour. — Devant ces dangers ^ une partie de ce peuple, et entre autres la tribu des Tigurins, résolut de renoncer à son antique patrimoine. Plutôt que d'être les victimes des Cimbres, les Helvètes préférèrent les imiter et s'enrichir des dépouilles d'autrui. On les vit remonter le liliin à la recherche de terres ou de butin ^ L'un après l'autre, sous les coups de Rome et les menaces des Germains, les États celtiques se disloquaient, et leurs tribus revenaient à l'incohérence d'autrefois.

1. Ajoutez, et toujours chez lea Helvètes, la situation de Mannheim au conlluent du Neckar, dont les avantages ont déterminé l'importunce de la ville celli(|ue de Lopodunum (cf. p. 147, ii. 2).

2. Posidonius, qui ne connaissait pas l'intérieur de la Germanie, n'altrihuait qu'à la migration cimbrique le départ des Helvètes. 11 ne me parait point douteux <iu'il ne faille tenir aussi compte des entreprises des Suèves. Cinquante ans i)lus tard, nous ne trouverons plus que les Suèves dans les vallées du Mein et du Neckar, et Césiir n'en parle pas comme de nouveaux arrivés (cf. p. 147 et s.) : il est donc probable que, dès 109, ils ont commencé à déborder sur les Helvètes parles routes de la Thuringe.

3. Sans doute d'après Posidonius, Strabon (VII, 2, 2, et IV, 3, 3) fait, partir les Tigurins et les Toygènes {Tiù'jyv/oxjç, pagus dont il n'est question que là et, sans doute par erreur, IV, 1, 8, cf. p. 87, n. 5). 11 y eut certainement accord entre Cimbres et Helvètes : les Helvètes ont dû accorder le libre passage aux Germains; mais je crois bien, vu que leur présence en Gaule n'est signalée qu'après celle des Cimbres, qu'ils sont partis à la suite des autres, et non pas avec eux. — Une question impossible à résoudre est la suivante : que sont devenus les Volques Tectosages de Bavière (cf. t. I, p. 297)? Je suppose que les Cimbres ont commencé la destruction de ce peuple, dont il ne sera désormais plus question, et que cotte destruction, continuée par les brigandages périodiques des Rètes et des Vindéliciues (Strabon, IV, 6, 8), aura été achevée par les Suèves (p. 147, n. 3).

C'était vers la Gaule que convergeaient toutes ces Ijandes. De ce côté, point de montagnes à franchir, un pa)^s fort riche, des nations désunies, aucune résistance à craindre, sauf des légions que Rome enverrait dans sa province. La Gaule allait devenir le champ de bataille où les hommes du Midi défendraient leur œuvre contre les Barbares du Nord.

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