‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 760 sur 776 · César, II · texte numérisé non relu

César, II

naux', qu'ils surent en quelques jours créer une nouvclli' escadre, aussi nombreuse que la première; on arma même en guerre des bateaux de pêche, qu'on garnit de machines et do galeries^. L'amiral romain n'osa pas bloquer le port, et il se contenta de surveiller la ^ade^ f

Une barque, expédiée par Nasidius, le légat de Pompée, apprit aux Grecs l'approche de la flotte de secours*. On décida d'aller au devant d'elle, malgré Brutus. Les vaisseaux étaient prêts : les barques reçurent des équipages d'archers et d'artilleurs, et, cette fois, la jeunesse grecque s'embarqua presque entière, et avec elle les premiers des citoyens, l'élite de tous les àgres •'. Le salut de la ville était confié à ses vaisseaux : c'était la suprême bataille que les Marseillais livreraient sur cette mer pleine de leurs victoires. Au moment de lever l'ancre, ils dirent adieu à ceux qui leur étaient chers, et les larmes se mêlaient aux paroles de courage^ Puis, à travers le goulet du port, la flotte de Marseille gagna la haute mer ' et disparut à l'horizon. Ceux qui restaient allèrent dans les temples et y demeurèrcnl au pied des autels, suppliant les dieux de la patrie; les soldats mêmes qui veillaient sur les remparts ne cessèrent de prier, les mains levées vers le ciel. Et les Romains qui, de leur camp, ]»longeaient leurs regards dans les rues de la ville^ admirèrent cette cité prosternée toute entière devant ses dieux, pendant que ses fils combattaient pour elle •.

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