Poussée par la brise d'est (II
8. Facile erat ex castris aUjite onuiibus superioribus locis prosjiiccre in urbem (II, .''•, 3) : regardez, du haut des rues de la butle des Carmes (rue des Icardins, rue des Trois l'ours), dans la direction du Vieux Port; le plan de Demarest montre d'ailleurs bien comment les rcf'ards des Romains pouvaient, depuis la butte, )ilonger vers les rues (jui de!?cendenl jusqu'au port, rue Négrel, rues parallèles et place de lu Lof?e.
U. César, II, 5, 3-3.
LA SFXONDE DKFAITE NAVALE DES MARSEILLAIS. b93
Brutus laissa passer l'ennenii et ne put l'empêcher de rejoindre les Pompéiens à Tauroentum ' (Sanary?'^), La flotte combinée comprenait trente-quatre grands vaisseaux ' : elle offrit la bataille aux Romains dès qu'ils se présentèrent*.
Le combat ressembla au précédent. Les navires grecs tournoyaient autour de ceux des Romains, leurs barques se glissaient le long des carènes, et partout les projectiles et les traits criblaient les ponts des vaisseaux de Brutus ^ Comme il avait laissé trop d'espace entre ses bâtiments, ils faillirent être tous enveloppés % et, un instant même, le vaisseau amiral risqua d'être pris entre deux galères. Mais il put s'échapper, et los deux galères, portées par leur élan, se lieurtèrent l'une contre l'autre, et devinrent la proie des vagues et de l'ennemi'.
Cet incident paraît avoir décidé du combat. Les Pompéiens de Nasidius désespérèrent alors de vaincre, et ne songèrent plus qu'à mettre leurs vaisseaux en sûreté * . Abandonnés à eux-mêmes , les Marseillais ne se lassèrent pas de combattre, et ils allèrent à la mort comme à leur dernier devoir".
De leurs dix-sept vaisseaux, cinq coulèrent à fond, quatre furent pris, un autre fut enveloppé dans la fuite des Pompéiens et gagna l'Espagne avec eux. Le reste s'échappa vers Marseille. Quand le premier navire parut en vue delà cité, et qu'il annonça la défaite, les habitants comprirent que la patrie
1. César, II, 4, 5. La localisation de cotte seconde bataille est confirmée par le scholiasle de Lucain, p. 115 : Sequenti (pugna), id est hac qua apud Taumiœscum dimicatum est. La (lotte grecque avait pour chef Hermon : Herinon ei (Farniénon, p. 587, n. 7) substitutus est.
2. Cf. t. I. p. 308. — C'est à tort que Collot place cette bataille et Tauroentum tout près de la ville {Diss. sur... Taurocnla, Paris, 1845). Cf. aussi p. 587, n. 4.
3. Marseille en arma 17 (plutôt que 24; cf. Il, 4, 1, à I, 56, I); Nasidius eu vait 17 également (11, 3).