‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 762 sur 776 · II · texte numérisé non relu

II

était perdue, et un long gémissement s'éleva (fin juin?)'.

C'était, presque partout, l'heure de la défaite pour les ennemis de César. Il venait de vaincre devant Lérida les légions pompéiennes (2 juillet)-; l'Espagne entière, du Pertus à Cadix, s& donnait à lui\ De la Gaule toujours obéissante, il recevait de nombreux auxiliaires, archers, fantassins, cavaliers, chefs et plébéiens, et de grandes troupes de Celtes partaient pour le rejoindre*. Tout l'Occident, latin et barbare, le reconnaissait comme son chef, et Rome s'apprêtait à sanctionner sa victoire en lui donnant le titre de dictateur ^

Marseille, pourtant, ne pensa pas à se rendre. Elle mit son honneur à combattre jusqu'à l'épuisement de ses dernières ressources ^ Peut-être espérait-elle tenir jusqu'à une victoire de Pompée ; mais peut-être ne fit-elle qu'obéir aux sentiments qui étaient, dans une cité grecque, la noble parure de l'esprit municipal : l'amour pour la gloire et la liberté, le culte de la patrie, le désir de bien mourir devant ses dieux et sur ses remparts, l'orgueil de la grandeur morale et de la vertu civique ^ Ce fut pour la fille de Phocée le plus beau moment de son histoire,^ que celui où, deux fois vaincue, isolée dans tout l'Occident, sans espoir de secourSj elle persista à braver le dictateur de Rome : alors, le siège ne fut plus un épisode de la lutte entre César et Pompée, il devint le dernier effort de l'hellénisme pour échapper à l'empire du peuple romain.

Page 1