IX. — MARSEILLE SE REND A CÉSAR
César, vainqueur à Lérida, avait poursuivi jusqu'au bout du monde sa marche triomphale. Il entra en maître dans Cadix ^ l'antique métropole des mers occidentales. De là, reprenant à ïarragone la route d'Hercule, il remonta vers les Pyrénées pour recevoir la soumission de Marseille*. Toutes les glorieuses cités de l'Europe devaient s'ouvrir à son approche.
Au sommet du Pertus, il revit les trophées de Pompée ^ auquel il venait d'arracher l'Espagne et la Gaule. A côté du monument de son rival, il construisit un grand autel en pierre®, comme pour faire oublier les actions de l'ancien proconsul par la splendeur de sa propre fortune. Puis il descendit sur Narbonne ", et rejoignit devant Marseille ses deux légats victorieux. C'était l'époque où la ville faisait sa soumission (fin septembre)*.
A la même date, dans son camp devant la ville, il apprit sa nomination comme dictateur'. Il ne voulut pas inaugurer par un acte de vengeance son pouvoir souverain : le maître désigné de l'Empire romain ne pouvait pas infliger à Marseille le châtiment d'Orléans ou d'Avaricum. Livrer à la colère des soldats une ville hellénique, c'eût été s'aliéner à jamais ces cités et ces royautés grecques d'Orient que César s'apprêtait à disputer à