‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 102 sur 792 · Plus loin. p. 435. n · texte numérisé non relu

Plus loin. p. 435. n

8. Strabon. IV, 3. 2. qui. en indiquant ce chiiïre de 60. ajoute qu'il était représenté : 1° par une inscription sur l'autel, donnant les noms des cités; 2° par les images de ces cités (autour de l'autel"? p. 438, n. 8); cf. l'arc de Suse. p. 62. u. 3.

On ne peut arriver à reconstituer ce chiffre de 60 cités que de deux manières. — Y intercaler, soil quelques cités de l'Aquitaine non gauloise (p. 71), soit des Gerinaniœ gentes accolentes en Belgique (Pline, IV, 106; ici, plus loin). C'est la manière courante (Desjardins, III, p. 168 et s.; Kornemann, Die Zahl der Gallischen civilales, dans Klio, I. 1901). J'hésite à l'accepter. Car l'Aquitaine ibérique a toujours été. en principe, distincte de la Gaule Chevelue (p. 71). et les cités germaniques sont mentionnées à part par Pline. — Je préfère recourir à un autre système : ajouter aux grandes cités connues un certain nombre de cités obscures ou de Iribus, mentionnées seulement par Pline dans sa slatisliiîue des Gaules. Pline semble bien emprunter ces noms aux Coinineniaires d'Agrippa, qui avaient une valeur uflicielle : Agrippa n'eût point fait figurer ces noms si ces cités

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autrefois les empires de Celtill et de Vercingétorix'. A la tête de l'assemblée, choisi par elle, se tient le plus noble des Éduens -,

ou tribus n'avaient pas eu une certaine individualité. Comme il s'agissait d'une assemblée religieuse, il est possible que le nombre de ces cités ait été ancien et consacré, et que, pour le perpétuer, on ait maintenu la représentation d'antiques peuplades, disparues comme organes politiques ou civitatcs (par exemple, celle des Boiens. fondus, en tant que cité, avec les Éduens; cf. t. 11. p. 42, t. III, p. 219).

— Voici donc la liste de Pline (lY. 105-9) : je marque par un astérisque * celles des cités qui ont disparu (du moins à ce qu'il me semble) comme districts municipaux. — I. Aquitaine (gauloise); 1° * Ambilatri (cf. p. 71. n i : 2° * Anagnules (cf. p. 71, n. 3); 3° Pictones; i° Santoni: 5" Bilurigcs Vivisci: G" Biliiriycs Cubi; 7° Lemovices; 8° Arverni; 9° Vellavi; 10° Cabales; 11° Ruteni: 12" Cadurci; 13" .\iliobroges; li" Petrocori. Un argument do plus pour incorporer dans cette liste les deux premiers noms, c'est que cela permet de conserver, dans le texte de Slrabon (IV. 1. 1 ; 2. 1). le chiffre de quatorze qu'il assigne aux cités de cette Aquitaine. — II. Lyonnaise : 15° Lexovii; 16" Veliocasses: 17° Caleti: 18° Veneii; 19° Abrincatui; 20° Ossismi; 21" .\anmetes: 22° Aidai; 23° Carnuteni [les Carnutes] ; 24° * Boi [cf. plus haut]; 25° Senones; 26° Aulerci Eburovices; 27° Aulerci Cenomani; 28° Meldi; 29° Parisi; 30" Tricasses: 31° Andecavi; 32° Viducasscs; 33° Bodiocasses [Baiocasses de Baveux]; 34° Ucnelli; 35° Coriosuelites; 36" [Aulerci] Diablinti: 37° Riedones; 38' Turones; 39" ^/csuj [Ésuviens, cf. t. Il, p. 489, n. 3]; 40° Segiisiavi. Remarquez l'absence des Ambarri. — A ajouter ici, sans doute, pour avoir l'étendue initiale de la province, les peuples n°' 55, 58-60 de celte liste (Lingons, Helvètes, Séquanes et Rauraques), qui. classés par Pline en Belgique, ont dû au début appartenir à la Lyonnaise; cf. Strabou. IV, 2, 3; t. II, p. 520-3; t. IV, p. 68, n. 4.

— III. Belgique. Ici, la liste devient plus difficile à dresser : je mets entre parenthèses les noms des cités que je crois purement germaniques et étrangères à lautel du Confluent; du reste, quelques-uns de ceux-là peuvent être, à la rigueur, intervertis avec les noms à astérisque, qui sont ceux de cités disparues : il"*Texuandri [peut-être des Germains]: 42" Menapi; 43" Morini; 44" * Oroniarsaci [cf. t II, p. 473, n. 8]; {Britanni?} : 43" Ambiani; i(\° Bellovaci; {Bassi, Caloslugi, peut-être des pagi de la vallée de l'Oisej; 47° Atrebalcs: 48° Nervi-, 49° Veromandui: (Saœuconi; cf. à Caloslugi); 50" Suessiones: 51° Ulinanectes '[les Silvanectes de Senlis]; 52" Tungri [il n'est point certain, vu leur origine germanique, qu'ils aient ressorti à l'autel]; (Sunuci, Frisiavones, Bselasi; cf. ici, p. 103, n. 2); 53° Leuci: 54" Treveri; 53° Lingones; 56° Rémi; 37° Mediomalrici; 58" Sequani; 39° Raurici; CO" Helveli; (accolentes Germanise genlium in eadem provincia Nemctes, Triboci, Vaiujiones, in Ubis, etc.. Guberni. Batavi).

Quand Tacite (Ann., III. 44) parle des 64 cités de la Gaule, il combine peut-être les 00 de l'autel avec celles de l'Aquitaine ibérique, en ne tenant compte que de celles qui avaient rang de civilus (12 en Aquitaine gauloise, 25 en Lyonnaise, 18 en Belgique, les 9 de la Novempopulanie); peut-être ajoute-t-il aux 60 de l'autel les 4 principales de la Germanie (Ubiens, Némètes, Vangions. Triboques). 11 n'est pas non plus absolument impossible que Slrabon ait sim|ilement donné un chilfre rond, et qu'au lieu de 00 il faille dire 04. et chercher les cités manquantes dans la Belgique de Pline. Le chiffre de 04 apparaît aussi dans des scholies à Virgile, Enéide, I, 286, Tliilo : Cxsar qvalluor et sexaginta viclis Galliarum civitalibus.

1. T. m, p. 132-3 et 480-8; pour leur nombre, t. II, p. 21, n. 2.

2. T,-L., Ep., 137 [139] : Sacerdole creato C. Julio Vercondaridubno [var. dubio] /Eduo.

la peuplade glorieuse et sainte entre les Celtes'. Et cela dut rappeler aux hommes du pays les temps , à peine anciens d'un demi-siècle, où les prêtres de toutes les cités de la Gaule allaient aux sacrifices nationaux sous la conduite du premier de leurs druides '. Mais aujourd'hui, l'autel où va sacrifier le pontife suprême de la Gaule, a été élevé pour le peuple romain, et le chef de l'église gauloise s'appelle « le prêtre de Rome et d'Auguste » ^

L'autel, comme on le pensait de tous les monuments du peuple romain", avait été construit pour l'éternité. Chaque année, à la même date % la Gaule devait envoyer à Lyon son grand-prêtre et le conseil de ses députés % et communier avec ses maîtres au lieu saint du Conlluent.

Que de réflexions suggère cette œuvre nouvelle de l'Empire! Il y a toujours danger, avait dit Jules César, à réunir des Celtes ensemble". Si Auguste le permet maintenant, c'est qu'il est sur de leur fidélité. Loin de souffrir de cette réunion d'hommes, la puissance romaine retrempera dans leur accord son énergie sacrosainte. Ils arrivent au Confluent en cortège de dévots et de prêtres ^ et leur devoir essentiel est une prière collective adressée, au nom de la Gaule, aux divinités suprêmes de l'Empire. Chez ce peuple chevaleresque et religieux, esclave de son serment ", un hommage de ce genre, de piété et non d'obéissance, deviendrait la garantie la plus forte de son dévouement. 3Liis c'est aussi, devant l'autel du Confluent, un hommage rendu par les vainqueurs à la Gaule d'autrefois. La voici qui reparaît avec son assemblée de chefs, son concile de

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